Un Meilleur Ouvrier de France à l’école de pâtisserie du Bayon

Un Meilleur Ouvrier de France à l’école de pâtisserie du Bayon

Au cours du mois de Décembre, nous avons à nouveau eu la chance d’accueillir durant une semaine au sein de l’école de pâtisserie, Fabrice Prochasson, Meilleur Ouvrier de France en 1996.

Prochasson et équipe Bayon

En 1982, encouragé par sa mère, Fabrice Prochasson découvre le monde de la gastronomie qu’il ne quittera plus. Il travaille tout d’abord chez Lenôtre en tant que responsable de la Recherche et Développement de 1999 à 2002. Il y réalise plusieurs événements prestigieux tels que l’inauguration du tunnel sous la Manche en 1992, les coupes du monde de football de 1998 et 2006 ou encore les Jeux olympiques de 2000, 2004 et 2008.        

En 1996, il devient Meilleur Ouvrier de France dans la catégorie cuisine et il a été le coach officiel du lauréat français du Bocuse d’Or en 2013, Thibaut Ruggeri.

En 2016, il entre dans le groupe Aryzta en tant que responsable de la création et de l’innovation pour les marques du groupe dont Coup de pates®. Coup de pates® s’adresse depuis plus de 50 ans à l’ensemble des métiers de bouches en proposant des produits surgelés finis et semi-finis, associant innovation et tradition.
Coup de pates® et le chef Fabrice Prochasson soutiennent l’école de Pâtisserie du Bayon depuis 2018.

En décembre dernier, le chef a souhaité venir nous rendre visite pendant une semaine pour cuisiner auprès de nos étudiantes. Monsieur Prochasson n’en est pas à son premier de coup de main pour le Bayon. En effet, il est déjà venu une première à fois à Siem Reap en Mars 2019 pour nous régaler durant le Gala de Charité.

Tout au long de la semaine, nos étudiantes ont ainsi eu la chance de cuisiner à ses côtés pour préparer la soirée « The Bayon Gathering Night ». Une soirée ayant pour but de réunir de nouveau les amis du Bayon au Cambodge. Pour cette occasion, nous avons mis les petits plats dans les grands et proposé un buffet digne de ce nom. Foccacia, brochettes de crevettes, tempura, quiche aux poireaux, saumon mariné au café, macarons, millefeuilles… Nos invités se sont régalés et nos étudiantes ont pris énormément de plaisir à cuisiner en compagnie du chef.

Invités et buffet - Bayon Gathering Night
Etudiante en préparation - Bayon Gathering Night
Buffet - Bayon Gathering Night

Nous sommes tout particulièrement fiers d’avoir pu réunir toutes ces belles personnes dans ce charmant endroit qu’est le restaurant Endora. Et nous sommes fiers de nos étudiantes et de nos collègues pour cette délicieuse cuisine. Nous les remercions pour leur engagement et leur motivation tout au long de la semaine. Pour les féliciter, nous avons également organisé une remise de diplômes en présence du chef afin que les étudiantes gardent un très bon souvenir de cette semaine.

Nous remercions également le Chef Fabrice Prochasson pour sa gentillesse, son partage de connaissances et sa bienveillance auprès de nos étudiantes.

Les projets ne s’arrêtent pas là, nous avons de belles perspectives pour l’année 2023 avec Coup de pâtes et le Chef Fabrice Prochasson que nous remercions grandement pour leur soutien.

Immersion culinaire en France : entre découverte et formation

Immersion culinaire en France : entre découverte et formation

Du 6 au 16 Novembre, Sokly professeure de pâtisserie et Chomrong professeur d’anglais au sein de l’école de pâtisserie du Bayon, ont eu l’occasion de passer quelques jours à Paris.

Ce voyage organisé par Apprentis d’Auteuil et réunissant les différents membres du programme ASSET – H&C leur a permis de suivre une formation autour de la pédagogie.

Après un long vol, Sokly et Chomrong posent enfin les pieds sur le sol parisien et se rendent en train à Château des Vaux, en Eure-et-Loir, où une semaine de classe et d’ateliers en tout genre les attendent.

Durant ces quelques jours de formation, nos professeurs ont pu assister à différentes classes en compagnie des élèves formés au sein d’Apprentis d’Auteuil. Ils ont notamment pu participer à différents cours de cuisine axés sur les thématiques « traiteurs », « pâtisserie » et « boulangerie » où ils ont appris à cuisiner une blanquette de veau, un flan parisien, des baguettes et bien d’autres. Ces cours en cuisine ont également permis à notre professeure de pâtisserie, Sokly, de découvrir plein de nouveaux équipements et ingrédients. Ces découvertes peuvent être une source de renouveau au sein de notre cuisine au Cambodge.

Après ces quelques jours de formation, nos professeurs sont retournés à Paris pour la fin de leur séjour. Ils ont ainsi pu apprécier un tour en bateau sur la Seine, se rendre au pied de la Tour Eiffel et partager un délicieux repas français avec les membres de l’association du Bayon présents en France.

Atelier avec Chomrong
Sokly, Chomrong, Dubrule team à la Tour Eiffel
Sokly en cuisine

Qu’avez-vous appris pendant cette semaine de formation ?

Nous avons appris et découvert beaucoup de nouvelles choses comme par exemple les styles et modèles d’enseignement, de nouvelles recettes, de nouveaux équipements et ingrédients, comment travailler et communiquer avec son équipe en cuisine.

Ce que nous avons le plus retenu de cette formation portée sur la pédagogie a été l’importance des softs skills. Nous enseignons à des jeunes issues de milieux défavorisés. Il est donc primordial pour nous de leur enseigner l’adaptabilité, la communication et le travail en équipe au sein de la sphère professionnelle pour que leur intégration dans leurs équipes futures se passe au mieux. Apprentis d’Auteuil a su nous donner les clés pour aborder ces différents sujets auprès de nos étudiantes.

Qu’est-ce qui vous a le plus étonné ?

Tout d’abord, nous avons été subjugués par la beauté du lieu. Le Château des Vaux est un endroit formidable et rempli d’histoire. Nous avons aussi été impressionnés par le savoir-faire des chefs, leur professionnalisme et leur accueil bienveillant et chaleureux au sein de leurs cuisines. De plus, la modernité des cuisines et des équipements nous a donné plein d’idées pour repenser l’aménagement de notre cuisine au Cambodge.
D’un point de vue générale sur la France, nous avons été surpris par le trafic routier et l’organisation de ce dernier. On se souviendra également qu’en France nous marchons bien plus qu’au Cambodge !

Qu’est-ce qui diffère par rapport à notre école ?

Chez Apprentis d’Auteuil, les élèves suivent une formation de 2 ans minimum alors qu’au Bayon, la formation dure seulement 1 année. Les étudiants et professeurs sont beaucoup plus nombreux et les équipements sont également plus modernes et plus diversifiés qu’au sein de notre école. Enfin, les élèves qui souhaitent suivre une formation au sein d’Apprentis d’Auteuil ont des frais de scolarité plus ou moins élevés en fonction du niveau de vie de la famille.

Après avoir suivi ces quelques jours de formation, quels changements souhaitez-vous apporter à votre programme ?

Après avoir suivi ces différentes formations et visité d’aussi belles cuisines, nous souhaitons rajouter des enseignements sur les outils et différentes technologies utilisés en cuisine pour que nos étudiantes aient des connaissances plus développées sur les différents appareils utilisés. En tant que professeur de pâtisserie, je souhaite également élargir l’apprentissage des recettes françaises pour que les étudiantes aient une plus grande connaissance de la cuisine française et également apporter du renouveau pour le menu du Coffee Shop avec des plats plus variés.

Il serait également intéressant de faire des échanges entre élèves et professeurs des deux formations pour permettre de mieux comprendre la culture de l’autre pays, l’histoire de la pâtisserie, le savoir-faire et la manière d’enseigner.

Que souhaitez-vous dire à Apprentis D’Auteuil ?

Nous souhaiterions remercier Apprentis d’Auteuil pour avoir organisé ce programme d’échange avec les membres ASSET H&C. Ce voyage nous a donné l’opportunité d’acquérir de nombreuses connaissances dans le domaine de la pédagogie et nous sommes déterminés à les appliquer à nos étudiantes dans les années futures. Nous tenons également à remercier tout particulièrement Pauline, Jeanne, Nicolas et tous les enseignants et personnels de l’école pour leur accueil chaleureux au sein de leur centre de formation.

L’association Les Enfants d’Angkor Wat : quelle est sa mission ?

L’association Les Enfants d’Angkor Wat : quelle est sa mission ?

Créée en 2012 par Dominique Roussel, l’association Les Enfants d’Angkor Wat soutient Bayon Education & Development au Cambodge, permettant à notre organisation et nos équipes locales de développer plusieurs projets, principalement liés à la question de l’éducation générale. Dominique nous explique quelle est sa mission et les raisons de son engagement.

Qu’est-ce que les « Enfants d’Angkor Wat » ?

« Les Enfants d’Angkor Wat » est une Association Loi 1901 à but non lucratif, dont la finalité est, grâce à ses donateurs, d’aider à l’éducation, au sens large du terme, des enfants cambodgiens parmi les plus pauvres.

Nous intervenons dans les domaines de la scolarité, de la santé, de la formation professionnelle.

Notre objectif est donc d’aider ces enfants, dans des contextes familiaux souvent difficiles, à accéder de façon pérenne à l’école, à construire leur avenir, à acquérir des valeurs fondatrices pour ce qui sera leur vie.

Quelles sont les grandes lignes directrices de votre projet ?

 Nos actions sont guidées par 3 principes :

  • L’école est un lieu d’épanouissement …

Au-delà des apprentissages intellectuels et culturels classiques, nous souhaitons que l’école soit un lieu où l’enfant découvre ce qu’il a la « possibilité d’être » … et non « l’obligation d’être » que la misère familiale peut lui imposer. Il y découvre des droits et des devoirs mais explore aussi ses propres potentialités afin de pouvoir faire des choix éclairés pour son avenir.

  • La santé reste une préoccupation majeure

Même si les choses s’améliorent avec le temps, la santé est un domaine dans lequel il y a toujours à faire. La nutrition reste précaire pour beaucoup d’enfants et quand elle est chroniquement insuffisante ou déséquilibrée, elle génère différentes pathologies impactant la croissance de l’enfant. De plus des maladies non détectées à la naissance sont parfois identifiées ultérieurement. Nous facilitons l’accès aux soins et les prenons en charge financièrement car la santé est toujours un luxe pour les plus pauvres.

  • L’employabilité future des enfants est un investissement prioritaire

Construire l’avenir de ces enfants est notre raison d’être.

Dans nos projets nous investissons dans les domaines clés qui sont et seront des discriminants lors de leurs futures recherches d’emploi. Ainsi l’informatique, l’anglais et l’écologie sont des enjeux majeurs dans l’éducation des enfants, compte tenu de leur omniprésence dans la vie quotidienne et des critères de sélection dans les recrutements. Autant de formations auxquelles la pauvreté ne leur donnerait pas accès.

Quel besoin avez-vous identifié au Cambodge ?

Il ne faut pas oublier, en Asie, le pouvoir que les parents gardent tout au long de leur vie sur les enfants. Je pense qu’il faut toujours plus communiquer avec eux, leur expliquer ce que nous faisons, les valeurs qui nous animent et dont nous parlons aux élèves …

Sinon le risque est grand de faire fonctionner deux univers en parallèle, la famille et l’école, et que l’un ne soit pas le relais de l’autre …

Il faut donc être très inclusifs au niveau des parents : partager le projet pédagogique et les impliquer dans le suivi autant qu’ils le peuvent, afin que l’école ne soit pas uniquement un lieu qui leur évite d’avoir à nourrir les enfants ou de les garder pendant qu’ils travaillent. Les travailleurs sociaux cambodgiens et les volontaires font un travail extraordinaire en ce sens. Il faut continuer et amplifier afin d’éviter des déscolarisations ultérieures car l’enfant reste trop souvent une variable d’ajustement de l’économie familiale.

Quels sont les projets dans lesquels vous investissez ?

Chaque âge à ses besoins spécifiques, nous avons donc opté pour créer et mettre en place des projets pour chaque tranche d’âge, de la petite enfance à la formation professionnelle.

Avec Bayon Education & Development, ONG cambodgienne, avec qui nous avons signé un partenariat et qui suit localement ces projets, nous gérons une classe maternelle pour les enfants défavorisés de la région des temples d’Angkor, nous investissons dans des cours d’informatique et d’anglais ainsi que des soins dentaires pour des élèves de primaire. Nous avons également créé un foyer pour jeunes filles du collège et lycée dans le nord du pays afin d’éviter qu’elles ne quittent l’école et nous soutenons différents programmes de formation professionnelle dans l’hôtellerie, l’agroécologie et la pâtisserie.

Autant de projets de « cœur » motivés par l’éternel sourire de tous ces enfants …

Retour sur le périple de Diane : Pédaler pour l’égalité

Retour sur le périple de Diane : Pédaler pour l’égalité

Juillet 2021. Le début d’une belle réflexion

Bien assise au frais dans la voiture familiale, je regarde les paysages de France défiler à toute allure. En observant ces déformations colorées, je me demande comment mieux connaître ces paysages et les habitants qui les peuplent.

 Ce jour-là, je décide d’apprendre à prendre le temps de découvrir des pays proches de chez moi et dont je ne connais presque rien. D’apprendre à m’immerger dans la beauté d’un paysage que je découvrirais à mon rythme, à me laisser surprendre par des rencontres honnêtes, riches, et étonnantes.

 Je vois dans la découverte et la rencontre de l’inconnu un terreau pour faire fructifier l’écoute, la tolérance, la paix. Je crois que découvrir d’autres réalités nous sensibilise aux besoins d’autrui. Cela réveille en moi mon envie de m’engager dans des initiatives sociales et de soutenir les questions liées à l’inégalité des genres. Pour cette raison, je décide alors de partir 3 mois, seule, pédaler à travers l’Europe, en portant le long de cette route un projet solidaire.

 Sensible à la condition de la femme autour du monde, je voulais que ce projet soit l’opportunité non seulement de discuter de, mais aussi de soutenir l’éducation des femmes à travers une organisation qui me tenait à cœur: l’École du Bayon. Cette ONG cambodgienne, dont la mission est d’offrir une éducation de qualité aux enfants issus des régions défavorisées du nord du pays, m’a toujours inspirée. Elle a ouvert en 2014 une école de pâtisserie dédiée aux jeunes filles. Ce programme leur donne l’opportunité de s’émanciper grâce à un travail, et les clés nécessaires pour construire leur avenir. L’éducation étant pour moi le premier pas vers un monde plus juste, j’ai décidé de pédaler pour elles, et de collecter suffisamment de fonds pour financer une année d’étude à l’école de pâtisserie et boulangerie, soit 2500 €.

10 septembre. Le départ a sonné.

5h du matin. Seule sur le quai du train. L’aventure commence, accompagnée de mon vélo et de mes quatre sacoches. Ce jour-là, je me répète le proverbe « que ceux qui pensent que c’est impossible laisse faire ceux qui ont envie d’essayer. » Avec ce premier coup de pédale, je me rapproche déjà de « l’impossible » que je recherche : la liberté, le contact humain, l’échange et la simplicité.

 Ce voyage m’a autant secouée, bouleversée, que transformée, pour plusieurs raisons : 

1. Voyager seule

La liberté est bien souvent quelque chose que l’on prend, plutôt que quelque chose que l’on nous donne. Être libre de choisir ce qui est bon pour nous c’est aussi apprendre à s’écouter. Voyager seule était aussi pour moi synonyme d’être entourée, partout où j’allais. Chaque journée prenait la couleur des multiples rencontres faites le long du chemin. J’ai beaucoup appris de cette diversité de personnalités : artistes, sportifs, étudiants, ou voyageurs. Chacune de ces rencontres m’a enrichie et a étendu un peu plus mon univers. 

2. Voyager à vélo

Ne connaissant rien de ce qu’on appelle le « cyclotourisme » ni même du fonctionnement basique d’un vélo (j’ai appris à fermer correctement mes sacoches au bout d’un mois et demi), j’ai tout appris « sur le tas, » glanant des informations au fil de mes aventures. Mais j’ai surtout appris qu’à chaque problème existe une solution, et que si je ne peux la trouver par moi-même, je trouverais toujours une aide bienveillante sur mon chemin. Voyager à vélo c’est aussi redécouvrir les distances en comptant les kilomètres, garder patience lors d’une montée interminable et savourer chaque petite victoire ou récompense.

 3. Être une femme en voyage

Au cours du voyage, j’ai souvent eu la sensation de devoir me battre deux fois plus, du fait de mon genre : contre les préjugés, contre une vulnérabilité additionnelle, contre mes propres peurs et inquiétudes.

D’un autre côté, être une femme a facilité les contacts et la confiance que l’on m’a accordée. 

Je me suis ainsi confrontée dans toute sa puissance à la condition d’être une femme, en Europe, tout en soutenant l’indépendance d’une cambodgienne à des milliers de kilomètres de moi.

 Tout au long de ce voyage j’ai demandé autour de moi ce que chacun pensait être le plus essentiel pour améliorer l’égalité des genres. Une grande majorité m’a répondu l’éducation, faisant ainsi écho à la mission de l’École du Bayon, à la raison de mon voyage et à celle de mon engagement. J’avais la sensation de soutenir un débat constructif et de voir apparaître un consensus : que l’éducation est la clé du progrès social, mais aussi qu’il est important de prendre conscience que cette clé n’est pas encore universelle. Qu’il est important de porter ces projets pour leur donner de la voix.

20 décembre. La fin de beau périple.

Devant moi, l’acropole d’Athènes. Derrière moi, les quelques 5000 km que je viens de parcourir. Outre la satisfaction d’avoir réussi à traverser six pays aux cultures diverses, la surprise d’avoir atteint 200% de notre objectif, et donc 5000€, m’a comblée de joie. Pouvoir financer l’intégralité des études de 2 jeunes filles m’a prouvé qu’en osant l’impossible, on peut contribuer à rendre les rêves d’égalité plus proches de la réalité.

Aujourd’hui, si cette aventure à vélo se termine, elle m’aura ouvert un champ d’opportunités que j’ai hâte de saisir. Elle m’aura donné les ressources essentielles pour continuer d’explorer ce cheminement personnel et poursuivre mon engagement pour les droits humains, notamment celui des femmes.

Parrainer l’Ecole du Bayon – Pourquoi ?

Parrainer l’Ecole du Bayon – Pourquoi ?

C’est en 1993 que l’école du Bayon a accueilli ses premiers élèves à l’école primaire. Pendant bientôt 20 ans d’existence, notre association s’est agrandie et diversifiée. Programme d’accompagnement des étudiants dans le secondaire, école de pâtisserie et de boulangerie, formation en agroécologie, développement d’activités rémunératrices pour les familles des élèves… Tout ça a pu prendre vie grâce au soutien précieux d’un groupe de personnes : nos parrains, marraines et sponsors.

Ils/elles n’étaient au commencement qu’ une petite vingtaine et ils forment désormais une communauté de plus de 450 personnes. L’école du Bayon, c’est une grande famille, dans laquelle chaque personne joue un rôle : des volontaires, à Thorth, notre directeur exécutif, jusqu’aux donateurs ponctuels. Les parrains et marraines jouent un rôle central dans ce magnifique tableau car au délà de donner vie à nos projets, ils les soutiennent sur le long terme. Comptables, artistes, professeurs des écoles, de Paris aux petits villages du Vaucluse en passant par Londres ou Singapour, autant de profils différents qui constituent la première force de nos projets. 

Notre gratitude est immense et remercier ces hommes et ces femmes est une priorité pour nous. Nos échanges réguliers avec eux nous permettent de maintenir des liens forts au fur et à mesure des années. Une présentation actualisée de nos projets 1 mois sur 2, une newsletter qui traite les sujets de fonds chaque trimestre, un lien direct avec les actualités du terrain sur les réseaux sociaux et par échange direct avec notre responsable de communication… nous mettons tout en œuvre pour les placer au cœur de nos projets. Authenticité et sincérité sont les maîtres mots de cette relation qui nous permet de fournir une éducation de qualité aux enfants vivants dans l’enceinte des temples d’Angkor.

En parrainant l’Ecole du Bayon, ils/elles ont décidé de soutenir une éducation de qualité, entièrement gratuite pour plus de 450 jeunes, qui prend en charge tous les besoins fondamentaux liés au bon développement des enfants/étudiants. Si une éducation de qualité est essentielle pour avancer dans la vie, il est au moins tout aussi important de favoriser le développement personnel aux travers d’activités ludiques, culturelles et sportives.  C’est pourquoi nous avons intégré diverses activités au sein même du cursus scolaire, de la pratique d’une activité physique à l’éveil culturel et artistique.

Vous aussi, prenez place dans cette magnifique toile de liens humains (participation à partir de 13€ par mois). Toutes les informations sur le parrainage et autres modes de soutien sur notre site  : https://www.ecoledubayon.org/nous-soutenir/

Quatre leçons à retenir de cette année exceptionnelle

Quatre leçons à retenir de cette année exceptionnelle

Thorth, Vantha, Rithy, Sakoth et Soky reviennent avec leurs mots sur ces deux dernières années et sur les enseignements qu’ils en ont tirés. Quels outils allons-nous garder par la suite ? Qu’avons nous appris ?

Résilience, solidarité et adaptabilité : autant de termes qui ont su guider leur travail et devenir le moteur de leur engagement.

Leçon #1 : apprendre à anticiper pour mieux appréhender

Si vous demandez à Thorth, directeur adjoint et exécutif de l’Ecole du Bayon au Cambodge, ce qu’il retient de l’année passée, ses premiers mots sont “imprévisible” et “stressant”. En effet, son objectif principal durant ces derniers mois a été de “s’assurer que nous serions capable de maintenir l’éducation de tous nos élèves à un niveau stable : nous avons dû considérer quelles étaient les actions essentielles sur lesquelles nous devions nous mobiliser et quelles sont celles que nous pouvions ralentir, pour être certains de répondre à cet objectif malgré la situation”. 

Il explique qu’il a fallu se concerter, débattre et prendre des décisions pour répondre à l’urgence, sans pour autant savoir comment la crise évoluerait : “cela m’a appris à davantage analyser et me questionner sur les enjeux futurs pour anticiper du mieux possible ce type de situations, bien qu’elles soient exceptionnelles”.

“Nous avons appris comment nous adapter rapidement et nous avons pu trouver une solution à chaque problème grâce à l’engagement de toute l’équipe. L’enjeu a été d’avancer jour après jour, et de penser nos actions à court-terme pour s’assurer une efficacité optimale.”

Thorth, directeur adjoint et exécutif.

Leçon #2 : mieux communiquer pour prendre conscience des besoins de chacun

La mise en place de cours en ligne au sein de nos formations et l’obligation de se déplacer dans les villages auprès de nos élèves de l’école primaire nous ont permis de nous rendre compte qu’il était essentiel d’être à l’écoute de chacun.
Nous avons pris conscience des besoins de chacun car nous étions avec eux quotidiennement, dans leurs villages et leur environnement. Nous avons pu discuter avec les parents, notamment ceux dont les enfants sont les plus en difficultés. Aujourd’hui, cela nous permet de retrouver les élèves à l’école en sachant quels sont ceux que nous devons suivre de manière plus rapprochée, et ce même si nous retrouvons un fonctionnement normal.”
Vantha, directeur de l'école primaire.

En ayant développé l’enseignement en ligne, via Zoom, Youtube et Telegram, nos étudiantes de l’école de pâtisserie ont pu utiliser ces différents canaux de communication pour être en contact permanent avec nos équipes et leurs camarades. Sokly, notre professeure de pâtisserie et Rithy, nouveau directeur de l’école de pâtisserie, n’ont donc jamais été déconnectés de la réalité de chacune, bien au contraire.

Chaque plateforme avait son utilité. Zoom a été le moyen de discuter ensemble des questions en lien avec les cours mais également l’espace où les étudiantes pouvaient échanger entre elles et s’entendre de vive voix. Youtube a permis aux élèves de réviser à leurs rythmes et de préparer leurs questions pour nos rencontres en ligne. Enfin, Telegram a été notre outil principal pour discuter de ce qui est moins formel, mais d’autant plus important en cette période : comment se sentent-elles, leurs émotions face à la crise et comment pouvons nous les aider. Cela nous a permis de garder le lien avec elles et de leur montrer que nous étions à leur écoute.

Rithy, directeur de l'école de pâtisserie.

Leçon #3 : privilégier le circuit court et local

Lorsque la ville de Siem Reap s’est fermée et que toutes les activités ont été suspendues, l’équipe du Projet Potagers s’est retrouvée face à un dilemme de taille : comment écouler les productions de légumes de nos farmers et éviter les pertes ? 

La plupart des farmers ne pouvaient plus se déplacer entre les villages tandis que les quantités de légumes ne cessaient de s’accroître. Elles n’avaient donc aucun moyen de vendre leurs légumes, et il a fallu trouver des solutions. Nous avons donc travaillé avec l’équipe sociale et celle du follow up pour distribuer ces légumes à nos familles. Nous avons décidé de racheter leurs légumes pour les redistribuer par la suite. Ainsi, elles étaient assurées d’avoir un revenu pour prendre soin de leurs familles, et nous assurions à nos bénéficiaires d’avoir de quoi se nourrir malgré la perte de leurs emplois.” nous présente Sakoth, manager du projet potager et de l’école d’agroécologie. Ce projet a renforcé le travail de nos farmers et leur a fait prendre conscience du rôle qu’elles jouent dans la chaîne d’entraide du Bayon. Elles sont de plus en plus motivées à apprendre et à s’investir davantage pour que cela profite à tous.” 

D’un point de vue plus global, l’arrêt du tourisme a eu un impact considérable sur nos activités et principalement celle du Coffee Shop. Pour Thorth, cela a été l’occasion de prendre conscience qu’il fallait repenser notre travail auprès de la population locale, pour ne pas se retrouver dépendants des touristes. “La fermeture du Coffee Shop n’a pas été facile à gérer puisque ce sont ces revenus qui financent notre formation en pâtisserie. Il a fallu trouver de nouvelles solutions. Aujourd’hui, nous avons pris conscience de la nécessité de développer des produits locaux pour que nous puissions avoir une clientèle locale et accroître notre visibilité à Siem Reap.

Sreyleak, gérante du Coffee Shop.

Leçon #4 : mieux travailler en équipe pour plus d’efficacité

L’équipe sociale, en relation permanente avec nos étudiants et leurs familles, est au cœur de nos actions depuis de nombreux mois. Leur travail a été essentiel pour effectuer un suivi de nos familles et répondre efficacement à l’urgence. Soky, responsable de l’équipe sociale, se dit aujourd’hui fière du travail accompli par ses collègues.

Nous avons dû travailler main dans la main et cela n’a pas été toujours facile. Il a fallu penser nos actions en tant qu’équipe, pour se diviser les tâches. Nous nous sommes rendus compte de ce que nous devions faire et préparer pour être plus efficace sur le terrain. Je suis vraiment fière de notre travail ; nous avons été très occupés et il a fallu travailler dur mais nous n’avons jamais cessé d’agir en pensant aux familles et aux enfants.”

Soky, responsable sociale.

Au-delà de l’équipe de l’Ecole du Bayon, il a également fallu travailler avec les autorités locales, puisqu’il était difficile de se déplacer. “Nous avons travaillé conjointement avec les chefs des villages et des communes. Ils ont souvent fait le relai entre nos bénéficiaires et nos équipes, ce qui nous permettait de garder un lien, même lorsque nous ne pouvions circuler entre les zones.” explique Thorth.

Nous retenons de cette période la puissance d’un travail en équipe : nous pouvons nous aider les uns des autres pour ainsi aider ceux qui sont le plus dans le besoin. Grâce à tous ces enseignements, l’équipe est aujourd’hui d’autant plus soudée.