Pédaler pour l’égalité : 5000km à travers l’Europe

Pédaler pour l’égalité : 5000km à travers l’Europe

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Hello ! Je m’appelle Diane Robert, j’ai 21 ans et je viens de terminer un Bachelor en Sciences Politiques à l’Université de McGill, à Montréal. 

D’où t’es venu ce projet de traverser l’Europe en vélo ? Quel est ton itinéraire ? 

Depuis que j’ai commencé mes études à McGill, j’avais prévu de faire une année de césure après mon Bachelor pour découvrir de nouveaux pays et de nouveaux projets. Je n’avais pas de plan précis car je voulais m’offrir la possibilité de dépasser mes limites et m’adapter aux circonstances. Avec le Covid, l’idée de partir toujours plus loin à été substituée par l’envie de prendre le temps de découvrir plus en profondeur des endroits plus proches. Ceci, combiné à la soif de liberté et de rencontres, m’a donné l’idée de découvrir l’Europe méditerranéenne à vélo. 

Pourquoi avoir décidé de s’engager dans un projet associatif ?

Je voulais que mon projet ne soit pas qu’un enjeu personnel, mais qu’il ait aussi une influence positive autour de moi et qu’il soit utile à d’autres. Étant particulièrement investie sur les questions d’égalité femmes-hommes, je voulais porter un projet ayant un impact concret dans ce domaine et apporter mon soutien à une ONG soucieuse de cet équilibre. Par la sensibilisation, l’éducation et la récolte de fonds, j’avais envie  de participer à l’amélioration de la situation économique et sociale de certaines femmes tout en ouvrant le débat sur ces enjeux à ceux qui m’entourent au quotidien. 

Pourquoi as-tu choisi l’Ecole du Bayon ? 

Je voulais avant tout que les fonds récoltés aillent à une association dont je connaissais le nom et l’efficacité. J’appréciais particulièrement le travail de l’École du Bayon et l’accent qu’elle met sur l’éducation, moyen le plus efficace pour moi d’avoir un impact à court, moyen et long terme sur les individus et la société toute entière. Au sein de l’École, un projet a particulièrement résonné avec mes valeurs et engagements. Votre  École de Pâtisserie et Boulangerie permet à des jeunes femmes cambodgiennes issues de milieux défavorisés et vivant dans la région des temples d’Angkor d’avoir accès à une éducation de qualité et de favoriser leur insertion professionnelle à la fin de la formation. De plus, j’avais eu la chance de visiter vos locaux lors d’un séjour au Cambodge et j’avais été touchée par votre volonté de rester toujours proches des enfants, jeunes, et familles que vous supportez au quotidien.

A quoi vont servir les fonds récoltés ?

L’objectif est de récolter 2500 euros, une somme qui correspond à la formation complête d’une jeune femme au sein de l’École de Pâtisserie et de Boulangerie du Bayon. Ce montant comprend à la fois le logement et la nourriture de l’élève, ainsi que tous les cours et dépenses liées aux stages, les fournitures scolaires et uniformes, un vélo pour assurer ses déplacements, et enfin, les allocations mensuelles.

 

Pourquoi t’engager sur la question de l’inégalité des genres ? Que penses-tu pouvoir apporter ? 

D’abord, c’est l’un des thèmes qui touche la plus grande proportion de la population. De plus, c’est un thème qui est souvent mal compris ou mal interprété, ce qui entraîne des débats souvent mal documentés et donc contre-productifs. Pour moi, l’égalité est la justice la plus élémentaire. Les cours que j’ai pris à ce sujet m’ont permis de former une pensée claire et critique et de croire qu’un changement est possible, par l’action mais aussi par la réflexion. Je crois que s’il est nécessaire d’améliorer les situations des personnes les plus vulnérables à ce sujet, il est tout autant crucial d’élever un débat constructif au niveau sociétal afin de faire évoluer certaines mentalités. J’espère qu’en partageant des ressources de qualité et qu’en prenant le temps d’écouter diverses opinions, je pourrais améliorer mes connaissances sur le sujet, promouvoir cette remise en question dans l’esprit de nouvelles personnes, et présenter ou soutenir des propositions concrètes allant dans ce sens. C’est pourquoi je souhaite demander à un maximum de personnes rencontrées sur ma route : selon vous, sur quoi faudrait-il travailler en priorité pour réduire les inégalités femmes-hommes ?

L’égalité est la justice la plus élémentaire.

Selon toi, sur quoi faudrait-il travailler pour réduire les inégalités hommes-femmes ?

L’éducation. Je pense qu’il faut avant tout observer la société en prenant en compte les différences de genre afin de dé-normaliser et dé-banaliser certains phénomènes. Par exemple, il n’est pas normal qu’une femme ne se sente pas en sécurité dans les lieux publics simplement parce qu’elle est femme; et le harcèlement de rue ne devrait pas être perçu comme normal et inévitable lorsqu’une femme sort. De même, il n’est pas normal qu’une femme n’ai pas les mêmes chances d’accès qu’un homme  à une éducation de qualité,  à un emploi stable et à la sécurité. Pourtant, ces inégalités existent. Je considère que le premier pas est celui de la reconnaissance des inégalités, l’étude de leurs sources et de leurs conséquences, pour espérer trouver des solutions permettant de les réduire, voir, de les effacer. C’est ce que j’essaie de faire en communiquant personnellement sur le sujet et en témoignant mon engagement auprès de projets comme ceux de l’École du Bayon. 

Qu’aimerais-tu découvrir ou apprendre pendant ce voyage ? 

Pendant ce voyage, j’aimerai découvrir les multiples cultures européennes, diverses et variées, mais pourtant si proches de chez moi, en prenant le temps de traverser les pays et de dormir chez leurs habitants. J’aimerais apprendre d’eux, de leurs réflexions sur leur société et sur ces questions que je me pose. J’aimerais aussi grandir, apprendre sur moi, de mes erreurs et mes succès, me confronter aux difficultés et observer comment j’y fais face.

Pourrons-nous te suivre lors de ton périple ? 

Oui bien sûr ! Je partagerai mes aventures sur ma page Instagram (dianerobert8) et vous préparerai quelques autres petites surprises. J’ai hâte de vous montrer mes découvertes et j’espère pouvoir ainsi vous faire découvrir un peu plus l’Europe Méditerranéenne, l’École du Bayon et la vie en solo à vélo! 

À très très vite !

Pour soutenir Diane dans son aventure, c’est par ici : https://www.helloasso.com/associations/l-ecole-du-bayon/collectes/pedaler-pour-l-egalite 

REGARD SUR … – « Il est l’heure de partir » par Pénélope

REGARD SUR … – « Il est l’heure de partir » par Pénélope

Quand j’ai su il y a maintenant 3 mois que je viendrais au Cambodge dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité Internationale avec l’École du Bayon, l’excitation et l’appréhension se sont quelques peu mélangées. Bien que je n’en sois pas à ma première expatriation, celle-ci avait d’ores et déjà une saveur particulière.

Premièrement parce que j’avais eu l’occasion de découvrir un petit bout du continent asiatique il y a quelques années et que les souvenirs que j’ai depuis tout ce temps ne se sont jamais effacés, bien au contraire. Je n’ai jamais cessé de répéter à qui voulait bien m’entendre qu’un jour, je reviendrai.

Deuxièmement, et là est toute la valeur de ce départ, parce que j’y vais dans un contexte singulier, pour une ONG, dans un domaine qui me porte depuis que j’ai commencé à imaginer à quoi ressemblerait mon projet professionnel, et qui correspond à ce pourquoi je voulais m’engager. Depuis toujours, j’essaie de comprendre comment notre monde fonctionne, quel est son équilibre, comment nos sociétés s’articulent entre elles, et surtout quelles sont nos différences. Culturelles, identitaires, sociales, je me suis toujours questionnée sur l’importance de ces différences et sur ce qu’elles ont à nous apprendre des autres. Je crois sincèrement qu’il est important d’apprendre à regarder autour de soi pour espérer trouver les ressources nécessaires à un monde plus égalitaire, à un équilibre propice aux changements et aux progrès. Je crois aussi que c’est en se tournant vers les autres que l’on peut se tourner vers ce que nous sommes et ce que nous voulons être. 

En partant m’engager auprès de l’École du Bayon, c’est un mélange de toutes ces questions que j’emporte avec moi, et qui guident mon travail au quotidien.

Je me penche notamment sur le rôle que la communication a dans la transmission de notions d’équité, de justice sociale et de droits civiques. Je m’interroge sur les multiples outils que nous avons pour mettre en lumière ce qu’il se passe ailleurs et pour faire rayonner des initiatives sociales et humanitaires parfois trop peu partagées.

Ayant commencé à travailler depuis la France, j’ai eu le temps d’imaginer à quoi ressemblerait mon travail et ma vie ici. Ma tête est déjà remplie d’images inventées par mon esprit, que j’ai hâte de remplacer par de vrais souvenirs. Imaginer à distance ce à quoi ressemble le terrain sur lequel nous partons et travaillons est une expérience plutôt singulière, si bien que mes appréhensions du début ont finalement laissé place à l’excitation grandissante de partir, enfin. 

D’enfin découvrir à quoi ressemble l’école, de rencontrer l’équipe autrement qu’à travers un écran d’ordinateur, de pouvoir rendre visite aux familles et aux enfants, d’arrêter d’imaginer leurs sourires mais de pouvoir leur en faire également, d’admirer le travail de ces femmes qui cultivent la terre, de goûter les pâtisseries de nos cheffes en herbe, de pouvoir enfin faire partie de ce que toute l’équipe aime appeler cette grande famille de l’école du Bayon.

Jour J, le 12 août. Après un départ chaotique et une course dans l’aéroport pour ne pas rater mon avion ; en cause, un test PCR refusé à l’enregistrement qui m’a valu quelques sueurs froides et pas mal de stress, je suis enfin dans l’avion, épuisée des derniers jours et des aurevoirs à mes proches mais heureuse de finalement décoller vers le Cambodge. 

Après 15h de vol, une courte escale à Singapour et 3 tests PCR pour me souhaiter la bienvenue, direction l’hôtel pour la quarantaine. Je retrouve à travers la vitre du bus la chaleur écrasante et humide, l’effervescence des scooters et des tuk tuks dans tous les sens, les stands ambulants de fruits et légumes, le bruit des klaxons et des moteurs, et j’ai du mal à réaliser que je suis finalement arrivée.

Jour 10. Lorsque j’écris ces lignes, nous sommes le 23 août et je suis en quarantaine depuis maintenant 10 jours. Plus que 4 ! Depuis que je suis ici, mon travail prend plus de sens et les choses deviennent plus réelles. Je prends davantage conscience de mon rôle et de celui de chacun pour assister nos familles. Mon engagement et ma motivation prennent de plus en plus de place et je trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir échanger et mettre en forme toutes mes idées avec l’équipe sur place.

Vue de ma chambre de quarantaine, depuis le 11ème étage.

Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre ni ce que cette année va m’apporter. Je me laisse doucement porter et guider par l’énergie que je ressens déjà ici. J’espère pouvoir donner à mon travail et à mon engagement une dimension encore plus large que celle que je m’efforce d’avoir au quotidien. D’abord pour eux, les enfants pour lesquels l’Ecole du Bayon oeuvre au quotidien, en leur apportant mon soutien et en les accompagnant du mieux possible vers cet apprentissage précieux qu’est celui de l’école, et puis ensuite un peu pour moi, en espérant grandir encore, car je sais déjà que de toutes mes expériences à l’étranger, celle ci sera sûrement la plus riche en émotions.

Quand vous lirez ce texte, je serai déjà à Siem Reap depuis quelques semaines, et je prendrai le temps de vous témoigner mon ressenti pour vous dire si les images dans ma tête et celles que je partage avec vous pour la communication du Bayon sont les mêmes que celles qui existent pour de vrai.

Fier d’être enseignant et de participer au changement

Fier d’être enseignant et de participer au changement

La parole est donnée à Chamrong Youn, professeur d’anglais à l’Ecole de Pâtisserie du Bayon depuis 2018. Fier d’être aujourd’hui enseignant auprès des jeunes filles de la formation, il revient sur ses débuts, et sur l’évolution de son travail auprès d’elles.

Ma première expérience avec les élèves de l’école a été particulière, dans le sens où j’ai rencontré des jeunes femmes relativement timides, peu confiantes dans leurs capacités à apprendre et ne parlant pas un mot d’anglais. Aucune d’entre elles n’avaient terminé le lycée, et c’était la première fois dans ma carrière que je travaillais avec de jeunes adultes : j’étais auparavant habitué à enseigner auprès des enfants.

Très vite, cette appréhension s’est transformée en un véritable engagement, au fur et à mesure de notre travail ensemble. Toutes ces jeunes filles sont issues des milieux les plus défavorisés au Cambodge, c’est pourquoi je considère qu’il est de ma responsabilité de les aider du mieux possible.

J’essaie de toujours donner le meilleur de moi-même lorsque j’enseigne, afin qu’elles puissent vivre au mieux leur vie future et atteindre leurs objectifs professionnels.

Ce n’est pas toujours facile parce qu’elles ont beaucoup de difficultés, notamment dans la situation actuelle ; mais après de nombreux mois de travail, beaucoup d’efforts de leur part et la reconnaissance de leurs progrès, je suis fier de dire qu’elles parlent anglais avec confiance et que grâce à cela, elles peuvent travailler dans des hôtels et des restaurants célèbres.

Je suis reconnaissant d’avoir l’occasion de travailler avec ces élèves et d’avoir un impact positif sur leurs projets futurs. J’espère continuer encore longtemps à aider d’autres jeunes femmes de mon pays à atteindre leurs objectifs professionnels.

Débouchés professionnels : une problématique de taille

Débouchés professionnels : une problématique de taille

L’Ecole du Bayon fait face à une problématique compliquée : trouver des débouchés professionnels dans un secteur grandement affecté par l’arrêt total du tourisme au Cambodge. Les étudiantes seront diplômées fin décembre 2020 et notre rôle est de les accompagner vers une sécurité financière à la sortie de la formation.

De la famille à l’employeur

Nous formons des étudiantes issues de milieux défavorisés à la boulangerie et à la pâtisserie grâce à une formation pratique et professionnelle qui leur permet de trouver un métier rapidement dans un domaine qui, jusqu’à février 2020, était en pleine croissance. La prise en charge des étudiantes ne s’arrête pas à la cérémonie des diplômes et nous les accompagnons jusqu’à la porte de leur premier employeur ainsi que dans la recherche d’un logement (petite chambre partagée en général) pour assurer leur sécurité lors de cette phase de transition. En effet, leurs familles étant éloignées géographiquement, elles ne peuvent pas sur elles ; d’autant plus que ces dernières sont souvent très loin de comprendre la réalité du monde du travail dans lequel leurs filles vont travailler.

la 6eme promotion de l'école de pâtisserie
filles sur des vélos

Des partenaires qui subissent la crise

Avec 6 ans d’existence, et plus de 80 étudiantes diplômées, l’école a acquis une certaine renommée auprès des hôtels et des boulangeries de Siem Reap. Les grands chefs de la ville reconnaissent la qualité de la formation et viennent même régulièrement chercher les étudiantes en fin d’année. 90 % des jobs sont en général trouvés dans le réseau de Siem Reap. Cette année, à cause de la crise Covid, 78% des hôtels de la ville sont fermés ou en cessation d’activité. Nos partenaires pour les stages et les débouchés professionnels n’ont aucune opportunité à nous proposer et nous devons trouver des débouchés professionnels pour les 26 étudiantes de la 6ème promotion (1/4 de plus qu’en 2019).

Phnom Penh, un marché local en croissance

La capitale du Cambodge accueille une population qui s’enrichit, avec une classe moyenne qui fréquente les hôtels, les cafés et les restaurants internationaux. Les produits de boulangerie ont la cote et de plus en plus de cambodgiens achètent du pain ou des pâtisseries françaises. Début novembre, nos équipes se sont rendus à Phnom Penh pour rencontrer de futurs partenaires. Des structures de grandes renommées comme le groupe Thalias (chaîne de grands restaurants de la gastronomie française implantés en Asie), les boulangeries Kayser (7 antennes à Phnom Penh) ou encore Brown Café (chaîne de Coffee Shop de luxe) se sont montrés intéressés, 9 candidatures sont aujourd’hui à pourvoir. 5 autres étudiantes ont déjà trouvé un emploi à Battambang et à Siem Reap.

Les jeunes filles ont parfois une forte appréhension à rejoindre la capitale (circulation, coût de la vie) aussi, nous les accompagnons dans ce changement et nous faisons le maximum pour qu’elles intègrent des structures qui prennent en charge leurs soins et leurs frais de repas.

Etudiante de pâtisserie entrain de réaliser un dessert
étudiantes posent avec un bouquet
Chef juge étudiantes de pâtisserie

La septième promotion

Les étudiantes de la 7ème promotion de l’école du Bayon débuteront le 4 janvier prochain. Nous avons fait un choix stratégique de n’en recruter que 15 pour respecter les règles de distanciation sociales mais aussi pour ne pas risquer de former des étudiantes pour lesquelles nous ne pourrions pas trouver de débouchés. Le gouvernement cambodgien prévoit 20 000 touristes pour l’année 2021. C’est un début d’espoir pour relancer doucement l’industrie touristique au Cambodge.

Formation Pro – Où sont nos anciennes étudiantes ?

Formation Pro – Où sont nos anciennes étudiantes ?

Entre 2014 et 2019, l’école de formation professionnelle en pâtisserie et boulangerie du Bayon a accueilli cinq promotions d’étudiantes et 80 jeunes femmes ont obtenu leur diplôme. Que sont-elles devenues ? Revenons sur leur parcours et leur situation actuelle dans un Cambodge en pleine croissance où subsistent de nombreuses inégalités.


Une enquête menée en début d’année 2020 auprès de 80 alumnis.  

L’étude menée par l’équipe sociale de l’Ecole du Bayon a pour but d’analyser l’impact de la formation en pâtisserie/boulangerie sur l’employabilité des jeunes filles, leur satisfaction personnelle à exercer leur métier ainsi que le niveau de revenu qu’elles parviennent à dégager pour mener une vie décente. Sur 80 étudiantes diplômées, 65 ont répondu à l’étude (par téléphone, soit via un formulaire en ligne), ce qui représente 81% de l’ensemble des étudiantes.


Quelques chiffres représentatifs :

  1. 86% des étudiantes interrogées sont actuellement en poste et 14% ne travaillent pas (chômage, maternité ou reprise des études à l’université). Les 3/4 travaillent sur Siem Reap.
  2. Le salaire moyen de nos anciennes étudiantes, toutes promotions confondues, s’élèvent à $190/mois.
  3. Aucune n’envisage de changer d’emploi et 9/10 se disent pleinement satisfaites des compétences acquises lors de leur formation au sein de l’Ecole du Bayon, et elles ont confirmé que ces compétences leur étaient très utiles pour effectuer leur travail au quotidien.

 

En effet, 82% des alumnis interrogées travaillent dans le secteur de l’hôtellerie/restauration et se servent donc quotidiennement des apprentissages de l’Ecole du Bayon.


Un revenu décent au Cambodge.

Bien qu’en janvier 2018, le Cambodge ait fixé le salaire minimal (voté pour le secteur du textile) à $170 par mois, la majeure partie de la population n’atteint pas ce montant. Les étudiantes qui sortent de l’Ecole du Bayon sont embauchées, la première année, pour un salaire moyen de $163. Ce salaire évolue rapidement et elles peuvent gagner près de 15% de plus dès la deuxième année.

Graphique des salaires des étudiantes

Le salaire moyen des étudiantes interrogées s’élèvent à $190/mois (excluant celles qui ne travaillent pas). On observe une corrélation positive entre les années d’expérience et l’évolution des salaires avec une augmentation de 40% en 5 ans. A la question : « Votre salaire vous permet-elle de vivre décemment, sans aide extérieure ? », 3% (2 étudiantes) affirment qu’elles vivent confortablement et 89% considèrent qu’elles ont juste de quoi survivre.


Subvenir à ses besoins et soutenir sa famille.

Les données ci-dessus nous renvoient à la situation très précaire des familles de nos étudiantes : beaucoup ont des dettes à rembourser et dès qu’un membre de la famille peut subvenir à ses besoins grâce à un salaire fixe, il va nécessairement aider sa famille. Sur les 65 étudiantes interrogées, 61 ont répondu qu’elles envoyaient chaque mois de l’argent à leurs proches. Les montants envoyés sont pour les 3/4 d’entre elles, compris entre $50 et $150 par mois soit parfois jusqu’à la moitié de leur salaire.

2 étudiantes cuisinent

KOLA – Ancienne étudiante, en train de former à son tour.


Le rôle de l’Ecole du Bayon.

Former des jeunes femmes à un métier pratique qui leur permet d’accéder rapidement au marché du travail et d’obtenir un salaire durable et décent. Pour la grande majorité, ce salaire est amputé d’une partie non négligeable qui revient à la famille ; ce qui fait que nos jeunes ont souvent encore le sentiment de subvenir tout juste à leurs besoins. Mais il faut rappeler la jeunesse de notre programme et la courbe d’évolution positive des salaires moyens : +40% en 5 ans. Et surtout, que derrière, c’est toute une famille qui va mieux, des frères et sœurs qui sont scolarisés, des grands parents soignés et des femmes qui sont fières d’être responsables de ce changement.

Ecole du Bayon – Faire face au Covid

Ecole du Bayon – Faire face au Covid

Cela fait presque quatre mois que le Covid-19 s’est répandu sur l’ensemble de la planète. Même si le Cambodge n’a répertorié officiellement que très peu de cas et aucun décès, le pays n’est pas épargné et les habitants souffrent de la perte de leur emploi et du manque d’activité touristique. L’Ecole du Bayon a essayé de réagir au mieux pour aider les familles dans cette crise inédite.

 

Soutenir les familles – La première urgence.

Depuis mi-mars, plus aucun touriste n’est entré dans le pays et une grande majorité d’hôtels, de restaurants et de spas ont fermé leurs portes, laissant des milliers de travailleurs sans emploi et sans aucune compensation de la part de l’état cambodgien. Beaucoup de nos familles sont victimes de cette crise et ont souvent perdu l’unique source de revenu qui permettait de subvenir aux besoins vitaux de 8 à 10 personnes. D’autre part, les enfants qui allaient à l’école étaient nourris matin et midi à la cantine, une charge en moins pour les parents ou les grands-parents. Ils sont dorénavant à la maison et doivent être nourris trois fois par jour.

Face à cette situation critique, l’Ecole a réagi vite. Dès la première semaine, tous les légumes produits par les farmers investis dans le projet des potagers, ont été rachetés par l’ONG pour ensuite être distribués gratuitement aux parents des élèves de l’école. Cela garantie un maintien de salaire pour ces femmes et l’assurance que les enfants continuent de manger des légumes sains. De plus, les équipes sociales ont effectué une étude précise des familles dont la situation était vraiment critique et des distributions de riz ont débuté dès la deuxième semaine de fermeture de l’école. Un soutien précieux de nos donateurs et de l’entreprise Cambodgienne AMRU RICE a permis d’aider au financement du riz et de légumes.

Fermeture de l’école de pâtisserie et du Coffee Shop – Et la suite ?

A l’Ecole de pâtisserie, nous avons dû renvoyer les 26 étudiantes dans leurs familles et par voie de conséquence et obligation, fermer le point de vente. Le Coffee Shop de la Bayon Pastry School, ouvert il y a maintenant plus de 4 ans, permet de financer 50% du budget lié à la formation en pâtisserie/boulangerie. Sa fermeture engendre une perte de revenus importante pour l’ONG que nous avons en partie compensée grâce à la générosité de nos donateurs. Après deux semaines d’ajustement et de vacances pour les équipes du service et de la cuisine, nous avons lancé plusieurs chantiers pour se préparer à la réouverture : inventaire, rangement, plantations dans le jardin, peinture des murs, grand nettoyage… Les membres de l’équipe ont en fin de compte été bien occupés et le Coffee Shop a finalement rouvert ses portes mi-juin. De plus, Sokhouern et Sokly ont élaboré une toute nouvelle gamme de pain avec une dizaine de références dans le but de les vendre dans notre future boulangerie. Elles ont eu le temps de tester de nouvelles recettes pour assurer une gamme variée que nous pourrons proposer aux hôtels et aux restaurants dès la réouverture de l’activité. Enfin, depuis fin avril, les professeurs de l’école ont lancé les cours en ligne pour nos étudiantes. Chaque jour, elles reçoivent des vidéos et des appels pour les maintenir au fait et leur faire réviser leurs leçons.

Suivi social, enquête et bilans.

Les équipes sociales sont très investies durant cette période. Elles ont tout d’abord travaillé dans l’urgence pour identifier les familles rencontrant des difficultés soudaines, pour pouvoir les aider au mieux. Mais ce temps de crise est aussi l’occasion de prendre du recul et d’analyser l’impact de nos actions sur les enfants et leur éducation. Une étude approfondie a été menée auprès des alumnis de l’école de pâtisserie. L’objectif : mettre à jour les données de nos anciennes étudiantes, analyser leur parcours et faire le point sur leur situation entre un à cinq ans après l’obtention de leur diplôme.

 

Et la communication ?

Nous avons lancé un grand chantier pour la refonte du site Internet de l’Ecole du Bayon. Vous le découvrirez bientôt ! Et nous essayons de rester en contact au mieux avec tous les amis de l’Ecole du Bayon, que nous savons à nos côtés. Un grand merci à vous tous pour l’aide que vous nous avez apportée pour faire face à cette crise et aider au mieux nos familles. Nous espérons très vite pouvoir rouvrir les écoles et retrouver les visages souriants des enfants qui jouent dehors.