Pédaler pour l’égalité : 5000km à travers l’Europe

Pédaler pour l’égalité : 5000km à travers l’Europe

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Hello ! Je m’appelle Diane Robert, j’ai 21 ans et je viens de terminer un Bachelor en Sciences Politiques à l’Université de McGill, à Montréal. 

D’où t’es venu ce projet de traverser l’Europe en vélo ? Quel est ton itinéraire ? 

Depuis que j’ai commencé mes études à McGill, j’avais prévu de faire une année de césure après mon Bachelor pour découvrir de nouveaux pays et de nouveaux projets. Je n’avais pas de plan précis car je voulais m’offrir la possibilité de dépasser mes limites et m’adapter aux circonstances. Avec le Covid, l’idée de partir toujours plus loin à été substituée par l’envie de prendre le temps de découvrir plus en profondeur des endroits plus proches. Ceci, combiné à la soif de liberté et de rencontres, m’a donné l’idée de découvrir l’Europe méditerranéenne à vélo. 

Pourquoi avoir décidé de s’engager dans un projet associatif ?

Je voulais que mon projet ne soit pas qu’un enjeu personnel, mais qu’il ait aussi une influence positive autour de moi et qu’il soit utile à d’autres. Étant particulièrement investie sur les questions d’égalité femmes-hommes, je voulais porter un projet ayant un impact concret dans ce domaine et apporter mon soutien à une ONG soucieuse de cet équilibre. Par la sensibilisation, l’éducation et la récolte de fonds, j’avais envie  de participer à l’amélioration de la situation économique et sociale de certaines femmes tout en ouvrant le débat sur ces enjeux à ceux qui m’entourent au quotidien. 

Pourquoi as-tu choisi l’Ecole du Bayon ? 

Je voulais avant tout que les fonds récoltés aillent à une association dont je connaissais le nom et l’efficacité. J’appréciais particulièrement le travail de l’École du Bayon et l’accent qu’elle met sur l’éducation, moyen le plus efficace pour moi d’avoir un impact à court, moyen et long terme sur les individus et la société toute entière. Au sein de l’École, un projet a particulièrement résonné avec mes valeurs et engagements. Votre  École de Pâtisserie et Boulangerie permet à des jeunes femmes cambodgiennes issues de milieux défavorisés et vivant dans la région des temples d’Angkor d’avoir accès à une éducation de qualité et de favoriser leur insertion professionnelle à la fin de la formation. De plus, j’avais eu la chance de visiter vos locaux lors d’un séjour au Cambodge et j’avais été touchée par votre volonté de rester toujours proches des enfants, jeunes, et familles que vous supportez au quotidien.

A quoi vont servir les fonds récoltés ?

L’objectif est de récolter 2500 euros, une somme qui correspond à la formation complête d’une jeune femme au sein de l’École de Pâtisserie et de Boulangerie du Bayon. Ce montant comprend à la fois le logement et la nourriture de l’élève, ainsi que tous les cours et dépenses liées aux stages, les fournitures scolaires et uniformes, un vélo pour assurer ses déplacements, et enfin, les allocations mensuelles.

 

Pourquoi t’engager sur la question de l’inégalité des genres ? Que penses-tu pouvoir apporter ? 

D’abord, c’est l’un des thèmes qui touche la plus grande proportion de la population. De plus, c’est un thème qui est souvent mal compris ou mal interprété, ce qui entraîne des débats souvent mal documentés et donc contre-productifs. Pour moi, l’égalité est la justice la plus élémentaire. Les cours que j’ai pris à ce sujet m’ont permis de former une pensée claire et critique et de croire qu’un changement est possible, par l’action mais aussi par la réflexion. Je crois que s’il est nécessaire d’améliorer les situations des personnes les plus vulnérables à ce sujet, il est tout autant crucial d’élever un débat constructif au niveau sociétal afin de faire évoluer certaines mentalités. J’espère qu’en partageant des ressources de qualité et qu’en prenant le temps d’écouter diverses opinions, je pourrais améliorer mes connaissances sur le sujet, promouvoir cette remise en question dans l’esprit de nouvelles personnes, et présenter ou soutenir des propositions concrètes allant dans ce sens. C’est pourquoi je souhaite demander à un maximum de personnes rencontrées sur ma route : selon vous, sur quoi faudrait-il travailler en priorité pour réduire les inégalités femmes-hommes ?

L’égalité est la justice la plus élémentaire.

Selon toi, sur quoi faudrait-il travailler pour réduire les inégalités hommes-femmes ?

L’éducation. Je pense qu’il faut avant tout observer la société en prenant en compte les différences de genre afin de dé-normaliser et dé-banaliser certains phénomènes. Par exemple, il n’est pas normal qu’une femme ne se sente pas en sécurité dans les lieux publics simplement parce qu’elle est femme; et le harcèlement de rue ne devrait pas être perçu comme normal et inévitable lorsqu’une femme sort. De même, il n’est pas normal qu’une femme n’ai pas les mêmes chances d’accès qu’un homme  à une éducation de qualité,  à un emploi stable et à la sécurité. Pourtant, ces inégalités existent. Je considère que le premier pas est celui de la reconnaissance des inégalités, l’étude de leurs sources et de leurs conséquences, pour espérer trouver des solutions permettant de les réduire, voir, de les effacer. C’est ce que j’essaie de faire en communiquant personnellement sur le sujet et en témoignant mon engagement auprès de projets comme ceux de l’École du Bayon. 

Qu’aimerais-tu découvrir ou apprendre pendant ce voyage ? 

Pendant ce voyage, j’aimerai découvrir les multiples cultures européennes, diverses et variées, mais pourtant si proches de chez moi, en prenant le temps de traverser les pays et de dormir chez leurs habitants. J’aimerais apprendre d’eux, de leurs réflexions sur leur société et sur ces questions que je me pose. J’aimerais aussi grandir, apprendre sur moi, de mes erreurs et mes succès, me confronter aux difficultés et observer comment j’y fais face.

Pourrons-nous te suivre lors de ton périple ? 

Oui bien sûr ! Je partagerai mes aventures sur ma page Instagram (dianerobert8) et vous préparerai quelques autres petites surprises. J’ai hâte de vous montrer mes découvertes et j’espère pouvoir ainsi vous faire découvrir un peu plus l’Europe Méditerranéenne, l’École du Bayon et la vie en solo à vélo! 

À très très vite !

Pour soutenir Diane dans son aventure, c’est par ici : https://www.helloasso.com/associations/l-ecole-du-bayon/collectes/pedaler-pour-l-egalite 

REGARD SUR … – « Il est l’heure de partir » par Pénélope

REGARD SUR … – « Il est l’heure de partir » par Pénélope

Quand j’ai su il y a maintenant 3 mois que je viendrais au Cambodge dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité Internationale avec l’École du Bayon, l’excitation et l’appréhension se sont quelques peu mélangées. Bien que je n’en sois pas à ma première expatriation, celle-ci avait d’ores et déjà une saveur particulière.

Premièrement parce que j’avais eu l’occasion de découvrir un petit bout du continent asiatique il y a quelques années et que les souvenirs que j’ai depuis tout ce temps ne se sont jamais effacés, bien au contraire. Je n’ai jamais cessé de répéter à qui voulait bien m’entendre qu’un jour, je reviendrai.

Deuxièmement, et là est toute la valeur de ce départ, parce que j’y vais dans un contexte singulier, pour une ONG, dans un domaine qui me porte depuis que j’ai commencé à imaginer à quoi ressemblerait mon projet professionnel, et qui correspond à ce pourquoi je voulais m’engager. Depuis toujours, j’essaie de comprendre comment notre monde fonctionne, quel est son équilibre, comment nos sociétés s’articulent entre elles, et surtout quelles sont nos différences. Culturelles, identitaires, sociales, je me suis toujours questionnée sur l’importance de ces différences et sur ce qu’elles ont à nous apprendre des autres. Je crois sincèrement qu’il est important d’apprendre à regarder autour de soi pour espérer trouver les ressources nécessaires à un monde plus égalitaire, à un équilibre propice aux changements et aux progrès. Je crois aussi que c’est en se tournant vers les autres que l’on peut se tourner vers ce que nous sommes et ce que nous voulons être. 

En partant m’engager auprès de l’École du Bayon, c’est un mélange de toutes ces questions que j’emporte avec moi, et qui guident mon travail au quotidien.

Je me penche notamment sur le rôle que la communication a dans la transmission de notions d’équité, de justice sociale et de droits civiques. Je m’interroge sur les multiples outils que nous avons pour mettre en lumière ce qu’il se passe ailleurs et pour faire rayonner des initiatives sociales et humanitaires parfois trop peu partagées.

Ayant commencé à travailler depuis la France, j’ai eu le temps d’imaginer à quoi ressemblerait mon travail et ma vie ici. Ma tête est déjà remplie d’images inventées par mon esprit, que j’ai hâte de remplacer par de vrais souvenirs. Imaginer à distance ce à quoi ressemble le terrain sur lequel nous partons et travaillons est une expérience plutôt singulière, si bien que mes appréhensions du début ont finalement laissé place à l’excitation grandissante de partir, enfin. 

D’enfin découvrir à quoi ressemble l’école, de rencontrer l’équipe autrement qu’à travers un écran d’ordinateur, de pouvoir rendre visite aux familles et aux enfants, d’arrêter d’imaginer leurs sourires mais de pouvoir leur en faire également, d’admirer le travail de ces femmes qui cultivent la terre, de goûter les pâtisseries de nos cheffes en herbe, de pouvoir enfin faire partie de ce que toute l’équipe aime appeler cette grande famille de l’école du Bayon.

Jour J, le 12 août. Après un départ chaotique et une course dans l’aéroport pour ne pas rater mon avion ; en cause, un test PCR refusé à l’enregistrement qui m’a valu quelques sueurs froides et pas mal de stress, je suis enfin dans l’avion, épuisée des derniers jours et des aurevoirs à mes proches mais heureuse de finalement décoller vers le Cambodge. 

Après 15h de vol, une courte escale à Singapour et 3 tests PCR pour me souhaiter la bienvenue, direction l’hôtel pour la quarantaine. Je retrouve à travers la vitre du bus la chaleur écrasante et humide, l’effervescence des scooters et des tuk tuks dans tous les sens, les stands ambulants de fruits et légumes, le bruit des klaxons et des moteurs, et j’ai du mal à réaliser que je suis finalement arrivée.

Jour 10. Lorsque j’écris ces lignes, nous sommes le 23 août et je suis en quarantaine depuis maintenant 10 jours. Plus que 4 ! Depuis que je suis ici, mon travail prend plus de sens et les choses deviennent plus réelles. Je prends davantage conscience de mon rôle et de celui de chacun pour assister nos familles. Mon engagement et ma motivation prennent de plus en plus de place et je trépigne d’impatience à l’idée de pouvoir échanger et mettre en forme toutes mes idées avec l’équipe sur place.

Vue de ma chambre de quarantaine, depuis le 11ème étage.

Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre ni ce que cette année va m’apporter. Je me laisse doucement porter et guider par l’énergie que je ressens déjà ici. J’espère pouvoir donner à mon travail et à mon engagement une dimension encore plus large que celle que je m’efforce d’avoir au quotidien. D’abord pour eux, les enfants pour lesquels l’Ecole du Bayon oeuvre au quotidien, en leur apportant mon soutien et en les accompagnant du mieux possible vers cet apprentissage précieux qu’est celui de l’école, et puis ensuite un peu pour moi, en espérant grandir encore, car je sais déjà que de toutes mes expériences à l’étranger, celle ci sera sûrement la plus riche en émotions.

Quand vous lirez ce texte, je serai déjà à Siem Reap depuis quelques semaines, et je prendrai le temps de vous témoigner mon ressenti pour vous dire si les images dans ma tête et celles que je partage avec vous pour la communication du Bayon sont les mêmes que celles qui existent pour de vrai.

Lancement réussi pour l’école d’agroécologie

Lancement réussi pour l’école d’agroécologie

Le directeur de l’école d’agroécologie Sakoth Brang, nous parle de la nouvelle formation professionnelle en agroécologie qui vient d’être inaugurée au Bayon.

L’école d’agroécologie est un projet coopératif lancé en partenariat avec Pour Un Sourire d’Enfant (PSE) et Vivre de sa terre. L’école a ouvert ses portes le 18 janvier de cette année et accueille sa toute première promotion composée de 10 étudiants. Dans le respect de la tradition khmère, l’inauguration s’est accompagnée d’une cérémonie de bénédiction durant laquelle trois moines ont été invités pour bénir les étudiants, le personnel et les locaux. Dans la culture khmère, la cérémonie de bénédiction revêt une forte importance, elle apporte chance et prospérité à ceux qui la reçoivent.

Pour en revenir à l’école, notre programme de formation professionnelle vise à donner à des jeunes, en situation de décrochage scolaire et issus de familles défavorisées, des compétences techniques en agroécologie sur une période de 12 mois. Parce que nous souhaitions que notre formation soit adaptée au contexte et permette aux étudiants de pouvoir s’insérer sur le marché du travail en agronomie, le programme que nous proposons répond aux critères de certification cambodgiens dans le domaine.

Afin de s’assurer qu’ils développent des compétences et acquièrent les outils pratiques qui leur seront nécessaires pour leur futur métier, des sorties expérimentales sur le terrain sont régulièrement organisées. Les étudiants sont ainsi amenés à rencontrer les farmers que nous accompagnons dans le cadre de notre programme green farming, ou à bénéficier de leçons techniques dispensées par des professionnels sur des domaines précis. 

En plus des cours enseigné à l’école, ils auront l’occasion d’effectuer 2 stages dans des fermes, des entreprises agricoles, ou encore des coopératives. L’objectif est très clairement pour eux d’obtenir une première expérience professionnelle et de mettre à l’épreuve les compétences qu’ils ont acquis au cours de la formation.

Au-delà, le stage est l’occasion pour eux de se familiariser avec une entreprise qui les accueillera probablement à la sortie de leur formation. En effet, une étude menée sur notre école de pâtisserie a montré que près de 74% des étudiantes étaient embauchées à l’issue de leur apprentissage dans un des établissements où elles ont effectué leur stage. Nous espérons les mêmes taux de succès pour les étudiants de l’école d’agroécologie.

Quoi qu’il en soit, et parce que notre prise en charge ne s’arrête pas à l’obtention de leur diplôme, nous les accompagnerons jusqu’à la porte de leur premier employeur. 

À l’issue de la formation, les étudiants seront donc en mesure d’utiliser les compétences techniques pour mettre en pratique les techniques d’agroécologie et de porter les valeurs du développement durable dans leur futur métier. Cela implique aussi bien de savoir gérer de petites exploitations productives, que vendre leurs produits biologiques sur le marché local, que de savoir établir des liens avec d’autres agriculteurs et organisations,  ou encore de connaître les systèmes agricoles et alimentaires. En ce sens, l’objet premier de la formation n’est pas l’étude de l’agroécologie en tant que discipline, mais le métier de l’agroécologue. La principale compétence visée n’est pas de comprendre ou d’analyser l’agroécosystème, mais bien de se développer et d’agir en tant que praticien de l’agro écologie qui sait mobiliser les principes et les processus écologiques des écosystèmes pour produire de manière durable.

Au nom de l’école d’agroécologie, je tiens à remercier les généreux donateurs qui soutiennent ce projet ainsi que nos deux partenaires PSE & Chivit Neing Dei pour leur expertise pédagogique et leur participation.

De la maternelle à un diplôme qualifiant : le parcours éducatif du Bayon

De la maternelle à un diplôme qualifiant : le parcours éducatif du Bayon

La mise en place d’un parcours éducatif continu pour tous les enfants de l’école primaire du Bayon répond à notre volonté de leur assurer une meilleure intégration sociale et professionnelle.

Nous nous devons d’amener tous les enfants du Bayon à réaliser leur rêve.

Pour cela, nous venons d’entamer une reforme éducative au sein même de nos programmes afin d’offrir cette possibilité à chaque enfant du Bayon.

Nous nous sommes fixés des objectifs simples mais indispensables à la bonne réussite de leur projet professionnel :

  • Soutenir l’enfant tout au long de son parcours éducatif jusqu’à un diplôme qualifiant
  • Orienter et accompagner l’enfant dans la réalisation de son projet professionnel
  • Individualiser et personnaliser le suivi de l’enfant
  • Aider les enfants les plus en difficultés au niveau éducatif et/ou social
  • Améliorer la qualité de l’enseignement

Chaque enfant qui va débuter sa scolarité au sein de l’école primaire du Bayon par la grande section de maternelle va être suivi jusqu’à la réalisation de son projet professionnel.

« À côté du raisonnement et de la réflexion intellectuelle, le sens de l’observation, le goût de l’expérimentation, la sensibilité, les capacités motrices et l’imagination créatrice sont développées. »

enfant porte des fournitures scolaires

L’école primaire est une période qui joue un rôle déterminant dans le cursus scolaire de chaque élève. Nous souhaitons donc apporter une attention toute particulière au développement des apprentissages fondamentaux (lire, écrire, compter et respecter autrui). Pour cela, nous avons dédoublé les classes de CP, CE1 et CE2 et mis en place des cours de soutien pour les élèves les plus en difficultés. Un éveil à la culture, art, musique et sport a également été renforcé. Ce socle de base est primordial pour appréhender sereinement les classes de CM1, CM2 et 6éme et renforcer les capacités d’apprentissage des élèves. L’école primaire correspond également à une première ouverture sur le monde et un moment ou le développement personnel de l’enfant doit être activement encouragé.  

C’est pourquoi à l’école du Bayon, nous implémentons une pédagogie centrée sur les élèves et leurs capacités individuelles.

enfants de maternelles en classe
enfants essayent un instrument de musique
enfants en uniforme de sport célèbrent

Le suivi des élèves en écoles secondaires est quant à lui facilité par l’ouverture le 8 février 2021 d’un Community Center. Au sein de cette nouvelle structure, les élèves ont accès à des cours de soutien en littérature khmer, mathématiques et anglais. Un suivi individualisé est possible par la présence d’un travailleur social directement au centre. Au-delà du suivi scolaire, nous nous engageons également à orienter les jeunes dans leur parcours éducatifs puis professionnel car leur projet professionnel commence là ! La mise en place d’un processus d’orientation professionnel, métier et formation, va donc aider les élèves à faire le bon choix entre l’accès à la formation professionnelle ou à des études universitaires.

Distribution de matériels scolaires aux étudiants
rencontre avec les étudiants boursiers
distribution de matériels scolaires

Qu’ils veuillent être mécaniciens, boulangers ou infirmières, nous sommes là pour les aider à réaliser leur rêve.

Des nouvelles de l’école d’agroécologie !

Des nouvelles de l’école d’agroécologie !

Très prochainement, l’école d’agroécologie du Bayon doit ouvrir ses portes. Formation professionnelle d’un an, elle aura pour vocation de former des techniciens à l’agroécologie, qui seront également capables d’entreprendre et de porter les valeurs du développement durable dans leur futur métier. Les 2 professeures qui animeront cette formation vous en disent plus : 

Débouchés professionnels : une problématique de taille

Débouchés professionnels : une problématique de taille

L’Ecole du Bayon fait face à une problématique compliquée : trouver des débouchés professionnels dans un secteur grandement affecté par l’arrêt total du tourisme au Cambodge. Les étudiantes seront diplômées fin décembre 2020 et notre rôle est de les accompagner vers une sécurité financière à la sortie de la formation.

De la famille à l’employeur

Nous formons des étudiantes issues de milieux défavorisés à la boulangerie et à la pâtisserie grâce à une formation pratique et professionnelle qui leur permet de trouver un métier rapidement dans un domaine qui, jusqu’à février 2020, était en pleine croissance. La prise en charge des étudiantes ne s’arrête pas à la cérémonie des diplômes et nous les accompagnons jusqu’à la porte de leur premier employeur ainsi que dans la recherche d’un logement (petite chambre partagée en général) pour assurer leur sécurité lors de cette phase de transition. En effet, leurs familles étant éloignées géographiquement, elles ne peuvent pas sur elles ; d’autant plus que ces dernières sont souvent très loin de comprendre la réalité du monde du travail dans lequel leurs filles vont travailler.

la 6eme promotion de l'école de pâtisserie
filles sur des vélos

Des partenaires qui subissent la crise

Avec 6 ans d’existence, et plus de 80 étudiantes diplômées, l’école a acquis une certaine renommée auprès des hôtels et des boulangeries de Siem Reap. Les grands chefs de la ville reconnaissent la qualité de la formation et viennent même régulièrement chercher les étudiantes en fin d’année. 90 % des jobs sont en général trouvés dans le réseau de Siem Reap. Cette année, à cause de la crise Covid, 78% des hôtels de la ville sont fermés ou en cessation d’activité. Nos partenaires pour les stages et les débouchés professionnels n’ont aucune opportunité à nous proposer et nous devons trouver des débouchés professionnels pour les 26 étudiantes de la 6ème promotion (1/4 de plus qu’en 2019).

Phnom Penh, un marché local en croissance

La capitale du Cambodge accueille une population qui s’enrichit, avec une classe moyenne qui fréquente les hôtels, les cafés et les restaurants internationaux. Les produits de boulangerie ont la cote et de plus en plus de cambodgiens achètent du pain ou des pâtisseries françaises. Début novembre, nos équipes se sont rendus à Phnom Penh pour rencontrer de futurs partenaires. Des structures de grandes renommées comme le groupe Thalias (chaîne de grands restaurants de la gastronomie française implantés en Asie), les boulangeries Kayser (7 antennes à Phnom Penh) ou encore Brown Café (chaîne de Coffee Shop de luxe) se sont montrés intéressés, 9 candidatures sont aujourd’hui à pourvoir. 5 autres étudiantes ont déjà trouvé un emploi à Battambang et à Siem Reap.

Les jeunes filles ont parfois une forte appréhension à rejoindre la capitale (circulation, coût de la vie) aussi, nous les accompagnons dans ce changement et nous faisons le maximum pour qu’elles intègrent des structures qui prennent en charge leurs soins et leurs frais de repas.

Etudiante de pâtisserie entrain de réaliser un dessert
étudiantes posent avec un bouquet
Chef juge étudiantes de pâtisserie

La septième promotion

Les étudiantes de la 7ème promotion de l’école du Bayon débuteront le 4 janvier prochain. Nous avons fait un choix stratégique de n’en recruter que 15 pour respecter les règles de distanciation sociales mais aussi pour ne pas risquer de former des étudiantes pour lesquelles nous ne pourrions pas trouver de débouchés. Le gouvernement cambodgien prévoit 20 000 touristes pour l’année 2021. C’est un début d’espoir pour relancer doucement l’industrie touristique au Cambodge.