De l’importance d’une base de données

De l’importance d’une base de données

Pinelopi, stagiaire à Bayon Education & Development (BED) pendant 6 mois, nous parle de la base de données qu’elle a créée pour permettre la centralisation des données relatives à nos bénéficiaires. Une tâche qui a première vue paraît évidente, mais qui s’avère à la fois complexe, technique mais aussi vitale pour améliorer la qualité des programmes que nous mettons en œuvre.

En septembre 2020, je suis arrivée à BED pour concrétiser un outil sollicité par les membres des équipes sociales et de santé. Le projet ? Développer et mettre en place une base de données qui permettrait de regrouper et d’organiser les données collectées sur les bénéficiaires ainsi que d’aider aux besoins de suivi et d’évaluation de BED.

La base de données et son contenu

La base a été construite à l’aide d’un logiciel en ligne appelé TeamDesk. Un outil personnalisé pour refléter les besoins de BED en matière de collecte de données et d’organisation de trois composantes principales : sociale, santé et éducation.

Tout au long de leur scolarité, de la maternelle à la douzième année (équivalent de la fin du lycée), et dans certains cas jusqu’à l’université, les bénéficiaires sont suivis par l’équipe de travailleurs sociaux, de professionnels de la santé et d’éducateurs de BED. Les données sociales, de santé et d’éducation collectées par nos équipes sont essentielles au bon suivi de chaque bénéficiaire ainsi qu’à l’évaluation de l’efficacité et de l’impact de nos programmes. Ainsi, la base de données stocke actuellement les informations des bénéficiaires inscrits dans nos programmes d’école primaire, de suivi et d’université (372 élèves et 242 familles).

Pourquoi une base de données ?

Avant la mise en place de la base de données, BED cherchait un moyen d’améliorer sa stratégie de suivi, d’évaluation des bénéficiaires et de ses programmes. Étant donné que les renseignements étaient recueillis par différentes équipes et qu’ils étaient auparavant stockés dans plusieurs fichiers Excel sans lien entre eux, l’analyse des composantes de la collecte de données s’avérait difficile. De plus, il était compliqué de partager les informations entre les équipes.

Enfin, de nouveaux dossiers étaient créés chaque année, ce qui rendait d’autant plus complexe le suivi des élèves et des familles dans le temps et l’évaluation de l’impact et de l’évolution du BED.

Par conséquent, la nouvelle base de données devait répondre à trois besoins fondamentaux :

  • la capacité de stocker et de relier les données des bénéficiaires en un seul endroit
  • de conserver un historique des données collectées,
  •  Facilité l’analyse de ces données.

Valeur et impact

 Au sein de la base de données, chaque élève et chaque famille dispose d’un dossier personnel qui regroupe les informations collectées par les équipes tout au long de leur prise en charge à BED. Ceci a deux implications importantes :

  • l’équipe a accès à un dossier complet pour suivre chaque élève et famille et
  • les informations relatives aux bénéficiaires ou à un programme peuvent être suivies au fil des années.

Outre l’impact sur l’organisation et le suivi des données, la base a également influencé la manière dont chaque équipe recueille ses données. Les enseignants de l’école primaire peuvent désormais enregistrer les présences et les résultats des examens directement sur leur téléphone ou une tablette, les visites médicales sont enregistrées à l’aide d’une tablette, et les travailleurs sociaux ont la possibilité de mettre à jour les informations d’une famille au moment de leur visite. Cette fonctionnalité permet à toutes les équipes d’avoir un accès immédiat aux informations mises à jour en temps réel à mesure qu’elles sont collectées.

Etudiants du programme follow-up
rencontre avec les étudiants boursiers

Enfin, les informations peuvent également être organisées sous forme de tableaux, de graphiques et de chiffres. Cela permet notamment à la direction de BED de se faire une idée de la performance des différents projets qu’elle implémente et de constater de manière moins abstraite les progrès réalisés au fil des ans.

Mise en œuvre et avenir

Parce que BED a aussi pour vocation de faire monter en compétence son staff, plusieurs sessions de formation ont été dispensées et les équipes locales sont désormais autonomes dans l’utilisation de la base de données.

fichier illustratif de la data base
Illustration des fichiers disponibles sur la database

Bien que ce projet commence avec trois programmes (primaire, suivi et universitaire), l’objectif à long terme serait de réaliser la collecte de données pour tous les autres programmes de BED sur la base de données. En fin de compte, l’objectif principal reste d’aider l’équipe et la direction de BED à relier les informations entre les différentes tâches de collecte de données et d’améliorer la capacité de l’organisation à suivre l’évolution des bénéficiaires et des programmes au cours des années à venir.

De mon point de vue, ce fut une expérience incroyable que celle de travailler en collaboration avec chaque personne de BED pour mener à bien ce projet. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un véritable apprentissage pour moi ainsi que pour tous les membres de l’équipe qui ont dû s’adapter à ce nouvel outil pour mener à bien leur travail en faveur des enfants et des familles que l’ONG soutien depuis des années.

De la maternelle à un diplôme qualifiant : le parcours éducatif du Bayon

De la maternelle à un diplôme qualifiant : le parcours éducatif du Bayon

La mise en place d’un parcours éducatif continu pour tous les enfants de l’école primaire du Bayon répond à notre volonté de leur assurer une meilleure intégration sociale et professionnelle.

Nous nous devons d’amener tous les enfants du Bayon à réaliser leur rêve.

Pour cela, nous venons d’entamer une reforme éducative au sein même de nos programmes afin d’offrir cette possibilité à chaque enfant du Bayon.

Nous nous sommes fixés des objectifs simples mais indispensables à la bonne réussite de leur projet professionnel :

  • Soutenir l’enfant tout au long de son parcours éducatif jusqu’à un diplôme qualifiant
  • Orienter et accompagner l’enfant dans la réalisation de son projet professionnel
  • Individualiser et personnaliser le suivi de l’enfant
  • Aider les enfants les plus en difficultés au niveau éducatif et/ou social
  • Améliorer la qualité de l’enseignement

Chaque enfant qui va débuter sa scolarité au sein de l’école primaire du Bayon par la grande section de maternelle va être suivi jusqu’à la réalisation de son projet professionnel.

« À côté du raisonnement et de la réflexion intellectuelle, le sens de l’observation, le goût de l’expérimentation, la sensibilité, les capacités motrices et l’imagination créatrice sont développées. »

enfant porte des fournitures scolaires

L’école primaire est une période qui joue un rôle déterminant dans le cursus scolaire de chaque élève. Nous souhaitons donc apporter une attention toute particulière au développement des apprentissages fondamentaux (lire, écrire, compter et respecter autrui). Pour cela, nous avons dédoublé les classes de CP, CE1 et CE2 et mis en place des cours de soutien pour les élèves les plus en difficultés. Un éveil à la culture, art, musique et sport a également été renforcé. Ce socle de base est primordial pour appréhender sereinement les classes de CM1, CM2 et 6éme et renforcer les capacités d’apprentissage des élèves. L’école primaire correspond également à une première ouverture sur le monde et un moment ou le développement personnel de l’enfant doit être activement encouragé.  

C’est pourquoi à l’école du Bayon, nous implémentons une pédagogie centrée sur les élèves et leurs capacités individuelles.

enfants de maternelles en classe
enfants essayent un instrument de musique
enfants en uniforme de sport célèbrent

Le suivi des élèves en écoles secondaires est quant à lui facilité par l’ouverture le 8 février 2021 d’un Community Center. Au sein de cette nouvelle structure, les élèves ont accès à des cours de soutien en littérature khmer, mathématiques et anglais. Un suivi individualisé est possible par la présence d’un travailleur social directement au centre. Au-delà du suivi scolaire, nous nous engageons également à orienter les jeunes dans leur parcours éducatifs puis professionnel car leur projet professionnel commence là ! La mise en place d’un processus d’orientation professionnel, métier et formation, va donc aider les élèves à faire le bon choix entre l’accès à la formation professionnelle ou à des études universitaires.

Distribution de matériels scolaires aux étudiants
rencontre avec les étudiants boursiers
distribution de matériels scolaires

Qu’ils veuillent être mécaniciens, boulangers ou infirmières, nous sommes là pour les aider à réaliser leur rêve.

Débouchés professionnels : une problématique de taille

Débouchés professionnels : une problématique de taille

L’Ecole du Bayon fait face à une problématique compliquée : trouver des débouchés professionnels dans un secteur grandement affecté par l’arrêt total du tourisme au Cambodge. Les étudiantes seront diplômées fin décembre 2020 et notre rôle est de les accompagner vers une sécurité financière à la sortie de la formation.

De la famille à l’employeur

Nous formons des étudiantes issues de milieux défavorisés à la boulangerie et à la pâtisserie grâce à une formation pratique et professionnelle qui leur permet de trouver un métier rapidement dans un domaine qui, jusqu’à février 2020, était en pleine croissance. La prise en charge des étudiantes ne s’arrête pas à la cérémonie des diplômes et nous les accompagnons jusqu’à la porte de leur premier employeur ainsi que dans la recherche d’un logement (petite chambre partagée en général) pour assurer leur sécurité lors de cette phase de transition. En effet, leurs familles étant éloignées géographiquement, elles ne peuvent pas sur elles ; d’autant plus que ces dernières sont souvent très loin de comprendre la réalité du monde du travail dans lequel leurs filles vont travailler.

la 6eme promotion de l'école de pâtisserie
filles sur des vélos

Des partenaires qui subissent la crise

Avec 6 ans d’existence, et plus de 80 étudiantes diplômées, l’école a acquis une certaine renommée auprès des hôtels et des boulangeries de Siem Reap. Les grands chefs de la ville reconnaissent la qualité de la formation et viennent même régulièrement chercher les étudiantes en fin d’année. 90 % des jobs sont en général trouvés dans le réseau de Siem Reap. Cette année, à cause de la crise Covid, 78% des hôtels de la ville sont fermés ou en cessation d’activité. Nos partenaires pour les stages et les débouchés professionnels n’ont aucune opportunité à nous proposer et nous devons trouver des débouchés professionnels pour les 26 étudiantes de la 6ème promotion (1/4 de plus qu’en 2019).

Phnom Penh, un marché local en croissance

La capitale du Cambodge accueille une population qui s’enrichit, avec une classe moyenne qui fréquente les hôtels, les cafés et les restaurants internationaux. Les produits de boulangerie ont la cote et de plus en plus de cambodgiens achètent du pain ou des pâtisseries françaises. Début novembre, nos équipes se sont rendus à Phnom Penh pour rencontrer de futurs partenaires. Des structures de grandes renommées comme le groupe Thalias (chaîne de grands restaurants de la gastronomie française implantés en Asie), les boulangeries Kayser (7 antennes à Phnom Penh) ou encore Brown Café (chaîne de Coffee Shop de luxe) se sont montrés intéressés, 9 candidatures sont aujourd’hui à pourvoir. 5 autres étudiantes ont déjà trouvé un emploi à Battambang et à Siem Reap.

Les jeunes filles ont parfois une forte appréhension à rejoindre la capitale (circulation, coût de la vie) aussi, nous les accompagnons dans ce changement et nous faisons le maximum pour qu’elles intègrent des structures qui prennent en charge leurs soins et leurs frais de repas.

Etudiante de pâtisserie entrain de réaliser un dessert
étudiantes posent avec un bouquet
Chef juge étudiantes de pâtisserie

La septième promotion

Les étudiantes de la 7ème promotion de l’école du Bayon débuteront le 4 janvier prochain. Nous avons fait un choix stratégique de n’en recruter que 15 pour respecter les règles de distanciation sociales mais aussi pour ne pas risquer de former des étudiantes pour lesquelles nous ne pourrions pas trouver de débouchés. Le gouvernement cambodgien prévoit 20 000 touristes pour l’année 2021. C’est un début d’espoir pour relancer doucement l’industrie touristique au Cambodge.

Ecole du Bayon – Faire face au Covid

Ecole du Bayon – Faire face au Covid

Cela fait presque quatre mois que le Covid-19 s’est répandu sur l’ensemble de la planète. Même si le Cambodge n’a répertorié officiellement que très peu de cas et aucun décès, le pays n’est pas épargné et les habitants souffrent de la perte de leur emploi et du manque d’activité touristique. L’Ecole du Bayon a essayé de réagir au mieux pour aider les familles dans cette crise inédite.

 

Soutenir les familles – La première urgence.

Depuis mi-mars, plus aucun touriste n’est entré dans le pays et une grande majorité d’hôtels, de restaurants et de spas ont fermé leurs portes, laissant des milliers de travailleurs sans emploi et sans aucune compensation de la part de l’état cambodgien. Beaucoup de nos familles sont victimes de cette crise et ont souvent perdu l’unique source de revenu qui permettait de subvenir aux besoins vitaux de 8 à 10 personnes. D’autre part, les enfants qui allaient à l’école étaient nourris matin et midi à la cantine, une charge en moins pour les parents ou les grands-parents. Ils sont dorénavant à la maison et doivent être nourris trois fois par jour.

Face à cette situation critique, l’Ecole a réagi vite. Dès la première semaine, tous les légumes produits par les farmers investis dans le projet des potagers, ont été rachetés par l’ONG pour ensuite être distribués gratuitement aux parents des élèves de l’école. Cela garantie un maintien de salaire pour ces femmes et l’assurance que les enfants continuent de manger des légumes sains. De plus, les équipes sociales ont effectué une étude précise des familles dont la situation était vraiment critique et des distributions de riz ont débuté dès la deuxième semaine de fermeture de l’école. Un soutien précieux de nos donateurs et de l’entreprise Cambodgienne AMRU RICE a permis d’aider au financement du riz et de légumes.

Fermeture de l’école de pâtisserie et du Coffee Shop – Et la suite ?

A l’Ecole de pâtisserie, nous avons dû renvoyer les 26 étudiantes dans leurs familles et par voie de conséquence et obligation, fermer le point de vente. Le Coffee Shop de la Bayon Pastry School, ouvert il y a maintenant plus de 4 ans, permet de financer 50% du budget lié à la formation en pâtisserie/boulangerie. Sa fermeture engendre une perte de revenus importante pour l’ONG que nous avons en partie compensée grâce à la générosité de nos donateurs. Après deux semaines d’ajustement et de vacances pour les équipes du service et de la cuisine, nous avons lancé plusieurs chantiers pour se préparer à la réouverture : inventaire, rangement, plantations dans le jardin, peinture des murs, grand nettoyage… Les membres de l’équipe ont en fin de compte été bien occupés et le Coffee Shop a finalement rouvert ses portes mi-juin. De plus, Sokhouern et Sokly ont élaboré une toute nouvelle gamme de pain avec une dizaine de références dans le but de les vendre dans notre future boulangerie. Elles ont eu le temps de tester de nouvelles recettes pour assurer une gamme variée que nous pourrons proposer aux hôtels et aux restaurants dès la réouverture de l’activité. Enfin, depuis fin avril, les professeurs de l’école ont lancé les cours en ligne pour nos étudiantes. Chaque jour, elles reçoivent des vidéos et des appels pour les maintenir au fait et leur faire réviser leurs leçons.

Suivi social, enquête et bilans.

Les équipes sociales sont très investies durant cette période. Elles ont tout d’abord travaillé dans l’urgence pour identifier les familles rencontrant des difficultés soudaines, pour pouvoir les aider au mieux. Mais ce temps de crise est aussi l’occasion de prendre du recul et d’analyser l’impact de nos actions sur les enfants et leur éducation. Une étude approfondie a été menée auprès des alumnis de l’école de pâtisserie. L’objectif : mettre à jour les données de nos anciennes étudiantes, analyser leur parcours et faire le point sur leur situation entre un à cinq ans après l’obtention de leur diplôme.

 

Et la communication ?

Nous avons lancé un grand chantier pour la refonte du site Internet de l’Ecole du Bayon. Vous le découvrirez bientôt ! Et nous essayons de rester en contact au mieux avec tous les amis de l’Ecole du Bayon, que nous savons à nos côtés. Un grand merci à vous tous pour l’aide que vous nous avez apportée pour faire face à cette crise et aider au mieux nos familles. Nous espérons très vite pouvoir rouvrir les écoles et retrouver les visages souriants des enfants qui jouent dehors.

 

Un Nouveau Directeur pour l’École Primaire

Un Nouveau Directeur pour l’École Primaire

 

 
Vantha HEM – A droite sur la photo

 

En novembre 2019, Vantha HEM a rejoint les équipes de l’Ecole du Bayon en tant que directeur de l’Ecole primaire. Riche d’un parcours varié, il a rapidement trouvé sa place auprès des équipes. Découvrons plus en détail ses motivations et son travail depuis maintenant 8 mois !


Vantha, peux-tu te présenter en quelques mots ?

J’ai 42 ans, je suis marié et j’ai un enfant. J’ai débuté ma carrière en tant que professeur des écoles puis j’ai évolué pour prendre la direction de l’école de Tapen (ONG le Don du Cœur). Par la suite, j’ai travaillé en tant que gestionnaire de projets pour FRIENDS International, sur la réintégration de jeunes décrocheurs et enfin, j’ai rejoint Water For Cambodia en tant que directeur adjoint – Responsable des opérations.


Qu’est-ce-qui t’a le plus marqué à ton arrivée à l’Ecole du Bayon ? Et qu’est-ce que tu apprécies particulièrement depuis que tu travailles ici ?

L’environnement ! L’Ecole est vraiment située dans un endroit exceptionnel avec ces arbres gigantesques. J’ai aussi été marqué par le fait que tout était fourni aux enfants pour qu’ils puissent étudier dans un cadre satisfaisant (cantine matin et midi, matériel, uniformes…). Je suis très touché par l’ambiance au sein de l’équipe des professeurs et la solidarité des uns envers les autres. Je trouve que les élèves sont aussi très respectueux de l’autorité et des enseignants. Dans l’ensemble, ils ont un comportement plutôt honnête.


Quelle a été ta première réalisation ?

La première chose qui m’a semblé indispensable, c’était de connaître l’historique des élèves et de leurs familles, pour mieux comprendre le projet global de l’ONG. En parallèle, j’ai rapidement pris contact avec les autorités locales (chefs de villages, moines…) pour m’intégrer au mieux. L’école participe dorénavant à un comité inter-écoles qui a lieu une fois par mois.


Comment appréhendes-tu le fait de travailler avec des enfants qui viennent de milieux défavorisés avec des familles qui n’ont souvent, pas la possibilité de les soutenir ?

Il est vrai qu’à l’Ecole du Bayon, nos jeunes sont souvent livrés à eux-mêmes. Pour ma part, j’ai travaillé plusieurs années sur la réintégration des élèves décrocheurs. Je m’appuie donc sur mon expérience mais aussi beaucoup sur l’équipe en place. Nous travaillons avec un comité où l’on convoque les parents des élèves qui ont trop d’absences ou qui ne sont plus investis. C’est parfois très compliqué de faire comprendre à la famille l’importance de l’éducation. Lorsqu’ils prennent du retard et qu’ils deviennent âgés (après le grade 6), c’est délicat car ils cherchent des petits boulots pour soutenir leur famille.


Après huit mois à la tête de l’école primaire du Bayon, peux-tu nous parler de quelques-unes de tes réalisations ?

En premier lieu, certaines choses ont évoluée au niveau des ressources humaines et de la formation. Sothea est devenu responsable administratif et Loan a été nommé responsable de la maintenance. Leurs rôles sont indispensables et je les forme et les pousse à prendre des responsabilités. L’ensemble de l’équipe des professeurs participe dorénavant chaque mois, à des formations qui les aident dans leur méthodologie et la production de leur contenu pédagogique. Ils sont très heureux de s’y rendre. Nous avons aussi mis en place de la formation en interne avec des school demonstration : chaque mois, un professeur passe une demi-journée dans la classe d’un de ses collègues pour s’inspirer des bonnes idées et les implémenter dans sa classe.

D’autre part, nous avons travaillé sur l’environnement et la sécurité. J’ai fait appel aux autorités Apsara pour couper les branches dangereuses des arbres morts et nous avons créé plusieurs espaces avec des fleurs et des plantes.

Enfin, comme je le disais au début, j’ai travaillé pour une bonne collaboration entre les moines de la pagode et les membres de notre équipe. Nous sommes sur leur terrain et il est indispensable d’avancer ensemble pour garantir le futur de notre école.


Une dernière question, comment parviens-tu à maintenir la motivation de tes équipes pendant la crise covid ?

Au début, nous avons divisé les professeurs en deux groupes pour garantir la distanciation sociale. Certains travaillaient de chez eux, pendant que d’autres venaient à l’école pour ranger, décorer les classes et faire le point sur la préparation des leçons. Rapidement, nous avons mis en place des cours à distance pour tous les élèves avec un système de devoirs à faire à la maison. Ils viennent 5 par 5 chercher des documents, qu’ils rapportent la semaine suivante. Ce travail demande une grande organisation de la part des équipes et nous espérons pouvoir rouvrir l’école bientôt.

 

8. Staff ecole primaire + Vantha

Vantha HEM – On the right

 

In November 2019, after a rich and diverse career, Vantha HEM joined the Bayon School as headmaster for the Primary School and he has easily integrated the team. Read on to learn what motivates him and what he has been working on for the last 8 months.


Vantha, can you tell us briefly about yourself?

I am 42 years old and I have one child. I started my career as a school teacher before taking over as headmaster of the Ta Pen School (NGO Le Don du Chœur). I then worked for FRIENDS International as project manager for the reintegration of young dropouts before joining Water for Cambodia as deputy manager and head of operations.


What has struck you the most since arriving in Bayon School? And what do you appreciate the most since starting work here?

Its location! The school is located in a really exceptional place with all these gigantic trees. I have also been impressed by the fact that everything is given to the children to ensure that they can study in a good environment (canteen morning and midday, school supplies, uniform, …). I am touched by the atmosphere within the team of teachers and the solidarity between them. I also find that the pupils show great respect towards authority and the teachers. As a whole, the children are all quite honest.

Ecole primaire 4


What was the first thing you did?

For me, it seemed essential to get to know the children, their background and their families, in order to understand better the global project of the NGO. At the same time, I got in touch quickly with the local authorities (village chiefs, monks, …) to introduce myself. The school now participates once a month in an inter-school committee.


How do you perceive working with children who come from very poor backgrounds & whose families are very often unable to support them?

It is true that the pupils of the Bayon School are, for the most part, left to care for themselves. I worked for several years on the reintegration of young dropouts and so I make use of that experience as well as that of the current Bayon team. We work with a committee which summons the parents whose children miss too much school or who are no longer invested enough in the programme. It can be complicated to get the families to understand the importance of education. When the children fall behind and grow older (after Grade 6), it becomes delicate as they search for odd jobs to help support their family.

2. Ecole en 2019 v4


After eight months as headmaster of the Bayon Primary School, can you tell us about some of your achievements?

Firstly, some things have changed in human resources. Sothea has become the administrative manager and Loan the maintenance manager. Their roles are essential; I am training them and encouraging them to take on more responsibilities. The full team of teachers now takes part once a month in training programmes to help them with their teaching methods and the creation of their curricula; they are all very happy to participate. We have also implemented internal training with « school demonstrations ». Once a month, a teacher spends half a day in the class of a colleague to observe, pick up some good ideas and then introduce them in his/her own class.

We have also worked on the school surroundings and safety. I have requested that the APSARA authorities cut down the dangerous branches of dead trees and we have planted several areas with flowers and plants.

Lastly, as I was saying at the beginning, I have been working on promoting good relations between the monks from the pagoda and our team members. We are on their land and it is indispensable that we work together to ensure the future of our school.

Arbre 2


A last question: how do you manage to keep everybody motivated during the COVID-10 crisis?

At the beginning, we split the teachers into two groups to ensure social distancing. Some worked from home, whilst others came to the school to tidy up, decorate the classes and review the preparation of the lessons. Very early on, we set up distance learning for the pupils with work they could do at home. They come in groups of 5 at a time to pick up documents which they then bring back the following week. This system requires a great deal of organisation by the teachers. We are all hoping that we can reopen the school very soon.

 

Éducation par l’Éveil Artistique à l’École Primaire

Éducation par l’Éveil Artistique à l’École Primaire

Gilles, notre artiste au grand cœur est de retour à l’Ecole du Bayon ! Grâce à lui et pour la 5ème année consécutive, 3 semaines ont été dédiées à un projet artistique à l’école primaire avec les enfants. Cette année, réalisation d’une fresque sur le mur de l’infirmerie, création d’un mur végétal et décoration de meubles à chaussures ! On vous en dit plus sur ce fabuleux projet qui a fait l’unanimité pour petits et grands.

Gilles, retraité depuis quelques années et passionné d’art, vient nous rendre visite tous les ans et ce depuis 5 ans, pour faire partager sa passion aux enfants et éveiller leur curiosité.
Ce projet, qui tient particulièrement à cœur à l’Ecole du Bayon, est en parfaite harmonie avec notre volonté de développer une éducation et un apprentissage participatif, liant connaissances théoriques, développement personnel et savoir-être grâce aux différentes activités extra-scolaires récemment mises en place (sport, danse apsara, marionnettes traditionnelles khmères et arts plastiques). Durant 3 semaines, l’ensemble des élèves du grade 1 au grade 6 se sont relayés afin de laisser place à leur imagination, pour un rendu grandiose !
L’année dernière, 3 projets ont été réalisés lors de sa présence : la peinture du mur de la Cantine d’Elodie, la confection de supports de brosses à dents dans l’ensemble des classes, et une magnifique maquette éphémère de l’école primaire faite en cartons recyclés.

des élèves mangent dans une cantine

Cette année, Gilles et nos volontaires ont réfléchi à l’élaboration de nouvelles œuvres, durables dans le temps et intégrées aux murs de l’école. Au programme de cette année : une magnifique fresque réalisée sur le mur de l’infirmerie, la customisation de nos nouveaux meubles à chaussures, et un mur végétal, construit uniquement avec du matériel de récupération. Retour sur ces 3 œuvres.

1) Fresque murale de l’infirmerie :
Pour la 1ère semaine de ce workshop créatif, les enfants ont repeint les murs de l’infirmerie. Ils ont pris plaisir à peindre les dessins réalisés par la talentueuse Sreyleak, ancienne étudiante de la 1ère promotion de l’école de pâtisserie qui travaille aujourd’hui à nos côtés au Coffee Shop. Précision et rigueur furent au rendez-vous pour cette première étape réussie. Et le résultat est superbe, au plus grand plaisir de Jean-Pierre et Michèle, nos deux bénévoles en charge de l’infirmerie de l’école et des projets liés à la santé.

Des élèves peignent une fresque sur un mur

2) Décoration de meubles à chaussures :
Parce que l’entrée des classes avec les dizaines de petites chaussures éparpillées était parfois chaotique… Nous nous sommes dit qu’il était temps d’installer des meubles à chaussures devant toutes les classes. Et Gilles et les enfants leur ont donné vie !

Des élèves se tiennent debout à côté d'un meuble chaussure
3) Mur végétal et matériel de récupération :
Pour finir cet atelier en beauté, volontaires et staff se sont mobilisés pour réunir matériel de récupération en tout genre. Un joli mélange de pneus de vélo et de voiture, noix de coco, bouteilles en plastique et planches de bois. Un peu de bricolage et quelques coups de peinture plus tard… et notre mur végétal crée de toute pièce voit le jour !
Mur végétal
Petits et grands ont pris part à l’action, pour la plus grande joie de tous. Et c’est avec émotion et étoiles dans les yeux que Gilles a quitté l’école et les enfants en pensant déjà aux projets de l’année prochaine.
MERCI GILLES !